
Yitro (יתרו – Jéthro)
Exode 18:1-20:23 – (Séfarade) Isaïe 6:1-13 – (ashkénaze) Isaïe 6:1-7:13
Yitro rejoint Moché et lui conseille d’organiser un système de juges pour alléger sa charge. Le peuple d’Israël arrive au pied du Sinaï et, après s’être purifié, reçoit les Dix Paroles (Aseret ha-Dibrot). Dans la haftara, Isaïe décrit sa vision de D.ieu siégeant sur Son trône, entouré de séraphins ; purifié, il est envoyé en mission prophétique. La lecture ashkénaze se poursuit avec l’annonce d’un signe destiné à rassurer le roi Achaz.
Exode 18:12
וַיִּקַּח יִתְרוֹ חֹתֵן מֹשֶׁה, עֹלָה וּזְבָחִים–לֵאלִֹקִים; וַיָּבֹא אַהֲרֹן וְכֹל זִקְנֵי יִשְׂרָאֵל, לֶאֱכָל-לֶחֶם עִם-חֹתֵן מֹשֶׁה–לִפְנֵי הָאֱלִֹקִים.
Yitro, beau‑père de Moché, offrit un holocauste et d’autres sacrifices à D.ieu ; Aharon et tous les anciens d’Israël vinrent manger avec le beau‑père de Moché devant D.ieu.
Dans son commentaire, Rachi indique que Yitro est entré « sous les ailes de la Shekhina (Présence divine) » (נכנס תחת כנפי השכינה) signe de sa conversion[1].
À partir du VIIIᵉ siècle, l’élite khazare adopte le judaïsme. Les récits les plus précieux sur cette conversion se trouvent dans la correspondance en hébreu entre Ḥasdai ibn Chaprout[2] et le roi Joseph, roi des Khazars[3]. Joseph y décrit sa généalogie, la conversion de son ancêtre Bulan, l’établissement d’un État dirigé par des souverains juifs, la création d’institutions religieuses, l’adoption des lois toraïques par la dynastie régnante, l’usage administratif de l’hébreu et la présence d’une communauté juive influente à la cour.
Les fouilles de Sarkel — probablement issu du turcique šar (blanc) et kel/kil (fortification) — dirigées dans les années 1930 par Mikhaïl Artamonov[4] avant l’engloutissement du site sous le réservoir de Tsimliansk, ont révélé des murs fait de blocs de calcaire blanc, des entrepôts et des quartiers d’habitation. Une partie des objets découverts, dont une pierre gravée ornée d’une menorah, des sceaux et des tamgas (emblème), est conservée au musée de Novotcherkassk, dans l’oblast de Rostov.
[1] Pour la conversion, le Talmud mentionne l’immersion rituelle (Yevamot 46a–47b) et un korban ger, sacrifice apporté au Temple (Kritot 9a). Pour un homme, la conversion inclut également la circoncision, brit mila ou hatafat dam brit (Yevamot 46a). Maïmonide précise que l’absence du Temple n’empêche pas la conversion (Issouré Bia 13:5).
[2] Hasdaï ben Yitzhak ben Ezra ibn Chaprout (חסדאי בן יצחק בן עזרא אבן שפרוט), diplomate, médecin et homme d’État juif du Xe siècle à la cour omeyyade de Cordoue, protecteur des communautés juives d’al‑Andalus.
[3] Joseph, roi des Khazars au Xe siècle. Outre sa lettre à Ḥasdai, son règne est corroboré par la Lettre de Schechter (Geniza du Caire), par plusieurs géographes arabes des IXᵉ–Xᵉ siècles (al‑Masʿūdī, Ibn al‑Faqīh, al‑Istakhrī, Ibn Ḥawqal) et par des chroniqueurs byzantins. Il se présente comme le descendant de Bulan, puis d’Obadiah, Ḥizqiyah, Menashe, Ḥanukkah, Yitsḥaq, Zevouloun, Moché, Nissi, Menaḥem, Benyamin et Aharon. Un document daté de 985 mentionne également David, prince des Khazars, qui lui aurait succédé dans un État khazar tardif établi dans la péninsule de Taman.
[4] Mikhaïl Illarionovitch Artamonov (1898‑1972), historien, archéologue et professeur russe et soviétique, considéré comme le père fondateur des études du khaganat khazar, publia Histoire des Khazars (1962), l’ouvrage de référence sur ce sujet.