Pósito, Alhama de Granade, Espagne

XIIIe siècle

La Paracha Tetzaveh (תצוה – tu ordonneras), Exode 27:20 – 30:10, décrit la préparation de l’huile d’olive pour la ménorah, la confection des habits du grand prêtre, y compris le ‘Hoshen (חֹשֶׁן – pectoral) fixé à l’Ephod (אפוד – gilet richement brodé), orné de douze pierres, différentes liturgies et de la fabrication de l’autel des parfums.

Exode 28:19
וְהַטּוּר הַשְּׁלִישִׁי–לֶשֶׁם שְׁבוֹ, וְאַחְלָמָה.

Dans la troisième rangée se trouvent :
le léchem (opale), le chevô (agate) et l’a’hlama (améthyste)(1).

« La pierre A’hlama fut désigné pour la Tribu de Gad, car ce joyau soutient le cœur de l’homme au sein de la bataille et les Bnei Gad étaient réputés pour leur habileté dans l’art de la guerre »(2). Le mot אחלמה (améthyste) a une valeur numérique(3) de 84, soit la même valeur numérique que עזז, signifiant être fort, avoir du courage.

La petite ville espagnole de la région de Grenade, Alhama(4), est connue pour ses eaux thermales(5), son environnement naturel spectaculaire et son riche patrimoine historique, notamment le Pósito, une ancienne synagogue du XIIIe siècle qui a été transformée au XVIe siècle en grenier communal (pósito). Situé sur la Plaza de Los Presos (Place des Prisonniers), il est aujourd’hui l’un des bâtiments les plus emblématiques de l’Alhama médiévale.
Le Pósito est construit selon la technique de sillería(6). Son intérieur est composé de deux grandes nefs séparées par une grande arcade centrale.

(1) L’Institut du Temple recense pas moins de trente opinions différentes tentant d’identifier les gemmes du pectoral.
(2) Rabbi Moshe Weissman, le Midach Raconte, Ed. Salomon Haïm Lehiani, p. 335 .
(3) Gématrie 84 : א=1+ח=8+ל=30+מ=40+ה=5 et ז=7+ז=7+ע=70
(4) La transcription hébraïque est אלחמה, qui a pour gématrie 84.
(5) Alhama est un terme qui provient de l’arabe الحمام (transcription : Al ‘Hama) qui signifie le hammam (Les thermes).
(6) Technique dans laquelle les pierres sont taillées de manière précise pour s’ajuster parfaitement les unes aux autres sans l’utilisation de mortier ou de ciment.

Casale Monferrato, Piémont, Italie

1595

Dans la Paracha Terouma (תרומה – contribution), Exode 25:1 – 27:19, Moché reçoit des instructions pour la construction du Michkan (מִשְׁכָּן – Tabernacle). Les enfants d’Israël participent en apportant leurs contributions, fournissant des matériaux nécessaire tels que l’or, l’argent, le cuivre, le bois, etc.

Exode 25 :3 et 8
 וְזֹאת הַתְּרוּמָה אֲשֶׁר תִּקְחוּ מֵאִתָּם:  זָהָב וָכֶסֶף וּנְחֹשֶׁת[…] 
וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם.
Et voici l’offrande que vous recevrez d’eux : or, argent et cuivre […]
Et ils me construiront un sanctuaire, pour que je réside au milieu d’eux.

La présence juive à Casale Monferrato, débutant dans les années 1430, fut plus tardive que dans d’autres régions du Piémont (1). Sous différentes dynasties, les Juifs, principalement engagés dans le prêt et le commerce, ont connu des périodes de relative sécurité. Avec le rattachement à la Maison de Savoie en 1708, ils sont confinés dans le ghetto. Lors de l’occupation napoléonienne, ils acquièrent une totale égalité. À partir de 1933 et la montée du fascisme des signes d’antisémitisme commencent à apparaître et s’intensifient avec le temps et les Juifs de Casale Montferrat se réfugient dans les grandes villes italiennes ou à la campagne et même certains rejoignent la Suisse.

Bien que son extérieur conserve le caractère anonyme des synagogues des ghettos, celle de Casale Monferrato, édifiée en 1595 et remodelée à plusieurs reprises, représente un chef-d’œuvre baroque de l’architecture piémontaise. La salle de prière bénéficie de l’éclairage offert par quatorze fenêtres, sept de chaque côté, rehaussées de dorures. Sa voûte en plein cintre est magnifiquement décorée d’un plafond bleu-vert, où les mots “זה שער השמים” (C’est ici la porte des cieux) sont inscrits en lettres d’or. De grands lustres en cuivre ajoutent à sa splendeur. Les moucharabiehs finement ouvragés en bois doré de la galerie des femmes surplombent la salle. L’Arche Sainte, conçue avec des matériaux précieux et ornée d’or massif, révèle, une fois ses portes ouvertes, un damas rouge et des ornements dorés ainsi que les dix paroles sculptées en bleu de cobalt. Au premier étage se trouve le Musée juif d’art et d’histoire (2) qui abrite une collection d’objets cérémoniels en argent et de textiles brodés.

(1) Daniel Carpi (1926-2005) historien spécialisé dans l’histoire des Juifs italiens. Il a été chef du département d’histoire juive à l’Université de Tel Aviv et a également enseigné à l’Université Yeshiva, à la Sorbonne et au St Antony’s College d’Oxford.
(2) Connu sous le nom de Museo degli Argenti (Musée de l’argenterie),

B’nei Israël, Baltimore, Maryland, Etats-Unis

1876

Dans la paracha Michpatim (מִּשְׁפָּטִים – lois, Exode 21:1-24:18), après la révélation du Sinaï, D. établit des lois concernant la libération des esclaves, les prêts, la justice, le respect des étrangers, l’observance des fêtes et les offrandes agricoles. Il promet également de guider Israël vers la Terre Sainte et met en garde contre les pratiques païennes. Le peuple s’engage à suivre ces commandements, et en signe de cet engagement, Moïse monte sur le mont Sinaï pour recevoir la Torah. La haftara (Jérémie 34:8-22 & 33:25-26), traite également de la libération des esclaves.

Jérémie 34:10
וַיִּשְׁמְעוּ כָל-הַשָּׂרִים וְכָל-הָעָם אֲשֶׁר-בָּאוּ בַבְּרִית, לְשַׁלַּח אִישׁ אֶת-עַבְדּוֹ וְאִישׁ אֶת-שִׁפְחָתוֹ חָפְשִׁים,

לְבִלְתִּי עֲבָד-בָּם, עוֹד; וַיִּשְׁמְעוּ, וַיְשַׁלֵּחוּ.
Tous les princes et tout le peuple qui étaient entrés dans l’alliance entendirent que chacun devait renvoyer son esclave et sa servante libres, de sorte qu’ils ne seraient plus asservis ; ils obéirent et les renvoyèrent.

La synagogue B’nai Israël
la congrégation Chizuk Amuno(1), fondée en 1871 à Baltimore dans le Maryland, a connu une scission en 1873 lorsqu’un groupe de Juifs russes nouvellement arrivés, plus stricts dans leurs pratiques, a créé la congrégation B’nai Israël. En 1895, B’nai Israël a acquis le bâtiment que la congrégation Chizuk Amuno avait fait construire en 1876. La synagogue B’nai Israël se distingue par son style architectural néo-mauresque et son Arche en bois sculpté, encadrée de deux minarets. En 1973, B’nai Israël a lancé un projet de restauration pour la synagogue, qui a été officiellement classée monument historique par la ville de Baltimore en 1977. Elle demeure l’une des plus anciennes synagogues orthodoxes en activité aux États-Unis.

Freedom Park
En 1975, la communauté B’nai Israël a fait don d’un terrain à la ville de Baltimore pour la construction d’un parc, nommé Freedom Park. Ce parc, dédié à la libération de toutes les victimes de l’oppression, témoigne de l’engagement de la communauté B’nai Israël envers les valeurs de liberté et de justice.

(1) Chizuk Amuno est la prononciation achkenaze de Hazak Emunah (חזוק אמונהfortifier la foi).

Elkins Park, Pennsylvanie, États-Unis

1959

Dans la Paracha Yitro (יתרו, Exode 18:1-20:23), impressionné par les miracles divins, notamment l’ouverture du Yam Souf (la Mer Rouge) et la guerre contre ‘Amalek, Yitro, le beau-père de Moché, rejoint les Israélites. Il conseille à Moché sur la gouvernance. Les juifs se rassemblent au pied du mont Sinaï. Dieu leur révèle qu’ils ont été choisis pour être un ‘royaume de prêtres’ et une ‘nation sainte’, et Il proclame les Dix Paroles.

Exode 20:14 :
וְכָל-הָעָם רֹאִים אֶת-הַקּוֹלֹת וְאֶת-הַלַּפִּידִם, וְאֵת קוֹל הַשֹּׁפָר, וְאֶת-הָהָר, עָשֵׁן
Et tout le peuple voyait les voix et les torches, le son du chofar et la montagne fumante.

La congrégation Beth Sholom, fondée à Philadelphie en 1919, déménage à Elkins Park dans les années 1950 et entreprend de construire une nouvelle synagogue pour accueillir des membres de plus en plus nombreux.

Conçue par le célèbre architecte Frank Lloyd Wright(1), la synagogue d’Elkins Park, un chef-d’œuvre architectural(2), se distingue par ses murs inclinés en escalier en verre armé translucide et en plastique. L’intérieur est baigné de lumière naturelle pendant la journée, et la nuit, le bâtiment entier rayonne de lumière artificielle. Vu de l’extérieur, le bâtiment s’élève vers le ciel, évoquant un «Mont Sinaï lumineux»(3). Sur chacune de ses trois grandes arêtes, l’architecte a placé un chandelier à sept branches stylisé, visible de toute part.

(1) Frank Lloyd Wright (1867-1959), architecte et concepteur américain, a réalisé plus de 400 projets. En 1991, l’Institut des architectes américains l’a reconnu comme le plus grand architecte américain de l’histoire.
(2) C’est la seule synagogue conçue par le célèbre architecte Frank Lloyd Wright en 70 ans de création. Elle a été inaugurée quelques mois après son décès.
(3) Luminous Mount Sinai, est une description de Frank Lloyd Wright lui-même

Parc Cecil, Pinner, Angleterre

1981

La parasha Beshala’h (בשלח – lorsqu’il laissa partir), Exode 13:17–17:16, contient le Cantique de la Mer, traditionnellement chanté sur une mélodie particulière et écrit dans le parchemin de la Torah avec un motif distinctif dit en “brique“.

La Synagogue Pinner, située dans Cecil Park, a été fondée en 1940. Le bâtiment actuel, construit en briques rouges, a été érigé en 1981. La communauté suit le rituel ashkénaze orthodoxe et est affiliée à la United Synagogue(1). En octobre 2014, le conseil municipal a approuvé à l’unanimité les propositions pour créer un erouv (2) . En vigueur depuis mars 2018, son périmètre de 24 km est l’un des plus importants du Grand Londres.

(1) Principale fédération des synagogues juives orthodoxes britanniques regroupant environ 40 000 fidèles. 
(2) Plan de l’érouv de Pinner (clic) et d’autres autour de Londres.

Papyrus d’Ipou-Our, Leyde, Pays-Bas

vers 1500 AEC

Dans la Paracha Bo (בא “viens”), Exode 10:1-13:16, il est écrit que suite au refus de Pharaon de libérer les Bnei-Israël, l’Égypte est frappée par les trois dernières plaies : les sauterelles, l’obscurité et la mort des premiers-nés. Après cette ultime plaie, les Bnei-Israël quittent l’Égypte, emportant de grandes richesses.

Exode 12:35-36
וּבְנֵי-יִשְׂרָאֵל עָשׂוּ, כִּדְבַר מֹשֶׁה; וַיִּשְׁאֲלוּ, מִמִּצְרַיִם, כְּלֵי-כֶסֶף וּכְלֵי זָהָב, וּשְׂמָלֹת. וַיי נָתַן אֶת-חֵן הָעָם,
 בְּעֵינֵי מִצְרַיִם–וַיַּשְׁאִלוּם; וַיְנַצְּלוּ, אֶת-מִצְרָיִם. {פ}
Les enfants d’Israël s’étaient conformés à la parole de Moïse, en demandant aux Égyptiens des vases d’argent, des vases d’or et des vêtements et Hachem avait inspiré pour ce peuple de la bienveillance aux Égyptiens, qui lui prêtèrent, de sorte qu’il dépouilla les Égyptiens.

Un papyrus, rédigé aux alentours de 1500 AEC (1) par le scribe Ipou-Our, découvert à Memphis, décrit les calamités dévastatrices qui ont touché l’Égypte à son époque (2) : le Nil se transformant en sang, la famine, la sécheresse, la mort qui s’abat sur tout le pays, ainsi que la fuite des esclaves qui emportent les richesses (3).

(1) 1500 AEC correspond à la XIXème dynastie égyptienne.
(2) Ce papyrus est actuellement conservé au Musée National des Antiquités Néerlandaises à Leyde aux Pays-Bas, sous la référence Leiden I 344 recto. Il a été traduit en 1909 par l’égyptologue britannique Sir Alan Henderson Gardiner (1879–1963). Traductions anglaise et française.
(3) Genèse 15:14
יד וְגַם אֶת-הַגּוֹי אֲשֶׁר יַעֲבֹדוּ, דָּן אָנֹכִי; וְאַחֲרֵי-כֵן יֵצְאוּ, בִּרְכֻשׁ גָּדוֹל. 
Mais, à son tour, la nation qu’ils serviront sera jugée par Moi ; et alors ils la quitteront avec de grandes richesses.

Minian sépharade Bar Yo’haï, Sunnyvale, Californie

1972

Dans la Paracha Vaéra (וארא – Et Je suis apparu), Exode 6:2-9:35, Dieu se révèle à Moïse et promet de mettre fin à l’esclavage des Hébreux. Pour forcer Pharaon à les libérer, D-ieu envoie une série de plaies.

Exode 7:17
הִנֵּה אָנֹכִי מַכֶּה בַּמַּטֶּה אֲשֶׁר-בְּיָדִי, עַל-הַמַּיִם אֲשֶׁר בַּיְאֹר–וְנֶהֶפְכוּ לְדָם.
Voici que moi, je vais frapper les eaux du Nil avec le bâton que j’ai dans la main, et elles se changeront en sang.

Cette transformation des eaux en sang est la première des sept plaies mentionnées dans cette paracha.

La ville de Sunnyvale, située dans la Silicon Valley, abrite la synagogue Minian sépharade Bar Yo’haï (Bar Yohai Sephardic Minyan), qui est le centre d’une communauté orthodoxe de plus de 100 personnes. La synagogue se trouve sur le campus de l’école South Peninsula Hebrew Day School (SPHDS), qui offre une éducation juive à plus de 250 enfants de la région.

Des eaux rouge sang :
La ville de Sunnyvale est connue pour sa proximité avec les étangs salés de la baie de San Francisco, qui ont été créés à l’époque de la ruée vers l’or. Ces marais-salants sont particulièrement visibles depuis les airs en raison de leurs couleurs vives, allant du rouge au vert-bleu. Ces couleurs sont le résultat de la vie marine, crevettes, algues et micro-organismes, qui prospèrent dans les différents niveaux de salinité des bassins.

Bahad, Mitzpe Ramon, Israël

2009

La Paracha Chemot (שמות – Noms), Exode 1:1–6:1, raconte l’histoire de Moché, sauvé par la fille du pharaon et élevé comme un Égyptien. D-ieu se révèle à lui dans le Buisson Ardent (Exode 3:2-5) et lui confie la mission de libérer les enfants d’Israël.

Exode 3:2
וְהִנֵּה הַסְּנֶה בֹּעֵר בָּאֵשׁ, וְהַסְּנֶה, אֵינֶנּוּ אֻכָּל
et le buisson flamboyait, mais il ne se consumait pas.

Ce verset, Eliezer Armon architecte de la synagogue du Bahad (1) l’a fait inscrire sur le fronton de la porte d’entrée. qui surplombe le parvis où se déroule la cérémonie lorsque les cadets reçoivent leur grade d’officier et acceptent leur mission.

Le bâtiment est une structure monumentale composée de 24 flammes en béton, installées sur une structure en béton. Chaque flamme et chaque groupe de trois flammes sont reliés par des poutres en acier. En allusion au Michkan, sur la poutre centrale est inscrit le verset (Exode 26:28) וְהַבְּרִיחַ הַתִּיכֹן, בְּתוֹךְ הַקְּרָשִׁים, מַבְרִחַ, מִן-הַקָּצֶה אֶל-הַקָּצֶה : Et la barre du milieu, au milieu des solives, s’étendra d’un bout à l’autre .

(1) Bahad (בה”ד), abréviation de Bsis Hadrakha (בסיס הדרכה = base d’entraînement) est une base d’entraînement de l’école des officiers de Tsahal située dans le camp Laskov, près de Mitzpe Ramon.

Tombe du Roi David, Jérusalem

Dans la Paracha Vaye’hi (ויחי – et il vécut), dernière paracha du livre de la Genèse (47:28-50:26), et dans la haftarah correspondante (Rois I 2:1-12), Yaakov et du roi David, avant leur mort, donnent des instructions pour l’avenir et bénissent leurs fils. Yaakov transmet son autorité à Yehouda et David la transmet à Chlomo. Ils promettent tous deux la délivrance du peuple d’Israël.

Dans le premier livre des Rois, chapitre 2, verset 3, David dit à Chlomo :
אִם-יִשְׁמְרוּ בָנֶיךָ אֶת-דַּרְכָּם לָלֶכֶת לְפָנַי בֶּאֱמֶת, בְּכָל-לְבָבָם וּבְכָל-נַפְשָׁם: לֵאמֹר–לֹא-יִכָּרֵת לְךָ אִישׁ, מֵעַל כִּסֵּא יִשְׂרָאֵל.
Si tes fils sont attentifs à leur voie, marchant devant moi avec droiture, de tout leur cœur et de toute leur âme, nul des tiens, Je te le promets, ne sera enlevé au trône d’Israël.

Le Tombeau de David, situé sur le mont Sion derrière les remparts de la vieille ville de Jérusalem, se trouve dans la salle du rez-de-chaussée dans un bâtiment construit par les Croisés sur une ancienne synagogue de l’époque romaine. Comme le mentionne le premier livre des Rois (2:10)

וַיִּשְׁכַּב דָּוִד, עִם-אֲבֹתָיו; וַיִּקָּבֵר, בְּעִיר דָּוִד. {פ}
David s’endormit avec ses pères, et il fut, enseveli dans la cité de David.

Les Lamentations d’Ipou-Our

Les lacunes dans le texte du papyrus sont marquées par […].

I

[. .] Les gardiens de la porte disent : « Allons piller. »
Les confiseurs [. . .].
Le blanchisseur refuse de porter sa charge […]
Les [attrapeurs] d’oiseaux se sont rangés en ligne de bataille [. . . les habitants du Delta portent des boucliers.
Les brasseurs [. . .] tristes.
Un homme considère son fils comme son ennemi. La confusion [. . .] une autre. Venez et conquérez ; jugez […] de ce qui vous a été ordonné au temps d’Horus, au siècle [de l’Ennéade […]. L’homme vertueux s’en va en deuil à cause de ce qui s’est passé dans le pays […], va […] les tribus du désert sont devenues partout des Égyptiens.
En effet, le visage est pâle ; [. . .] Ce que les ancêtres avaient prédit est arrivé à [fructification…], le pays est plein de confédérés, et l’homme va labourer avec son bouclier.
En effet, les humbles disent : « Celui qui est […] de face, c’est comme un homme bien né.
En effet, [le visage] est pâle ; L’archer est prêt, les méfaits sont partout, et il n’y a pas d’homme d’hier.
En effet, le pillard […] partout, et le serviteur prend ce qu’il trouve.
En effet, le Nil déborde, mais personne ne le laboure (I.1). Tout le monde dit : « Nous ne savons pas ce qui va se passer dans tout le pays. »
En effet, les femmes sont stériles et aucune ne conçoit. Les modes de Khnoum (les hommes) ne sont plus à cause de l’état du pays.

I.1 Le Nil déborde, mais personne ne le laboure : l’effondrement de la civilisation de l’Ancien Empire est généralement attribué à un échec répété du Nil à inonder la plaine inondable. Quelques mauvaises récoltes consécutives peuvent entraîner de nombreuses années de souffrance ultérieures, car tout le grain qui peut être cultivé et qui doit servir de semence, sera consommé comme nourriture.

II

En effet, les pauvres sont devenus propriétaires de richesses, et celui qui ne pouvait pas se fabriquer des sandales est maintenant un possesseur de richesses.
En effet, esclaves des hommes, leurs cœurs sont tristes, et les magistrats ne fraternisent pas avec leur peuple quand ils crient.
En effet, [les cœurs] sont violents, la peste est partout dans le pays, le sang est partout, la mort ne manque pas, et le tissu de momie parle avant même qu’on s’en approche.
En effet, de nombreux morts sont enterrés dans la rivière ; Le ruisseau est un sépulcre et le lieu d’embaumement est devenu un ruisseau.
En effet, les nobles sont dans la détresse, tandis que le pauvre est plein de joie. Chaque ville dit : « Réprimons les puissants d’entre nous. » (II.1)
En effet, les hommes sont comme les ibis. La misère règne dans tout le pays, et il n’y a personne dont les vêtements soient blancs en ces temps-ci.
En effet, la terre tourne comme le fait un tour de potier ; Le voleur est un possesseur de richesses et [l’homme riche est devenu] un pillard.
En effet, les serviteurs fidèles sont […] ; le pauvre homme [se plaint] : « Comme c’est terrible ! Que dois-je faire ?
En effet, le fleuve est du sang, mais les hommes en boivent. Les hommes reculent devant les êtres humains et ont soif d’eau. (II.2)
En effet, les portes, les colonnes et les murs sont brûlés (II.3), tandis que la salle du palais tient bon et perdure.
En effet, le navire [des méridionaux] s’est disloqué ; les villes sont détruites et la Haute-Égypte n’est plus qu’un désert.
En effet, les crocodiles [sont gorgés] des poissons qu’ils ont pris, car les hommes vont à eux d’eux-mêmes(II.4) ; c’est la destruction de la terre. Les hommes disent : « Ne marchez pas ici ; Voici, c’est un filet. Voici, les hommes marchent [sur l’eau] comme des poissons, et l’homme effrayé ne peut pas la distinguer à cause de la terreur.
En effet, les hommes sont peu nombreux, et celui qui met son frère en terre est partout. Quand le sage parle, [il s’enfuit sans tarder].
En effet, l’homme bien né […] par manque de reconnaissance, et l’enfant de sa dame est devenu le fils de sa servante.

II.1 Réprimons les puissants d’entre nous : bannissons-en beaucoup de nous (John A. Wilson)
II.2 En effet, le fleuve est du sang, mais les hommes en boivent.
Les hommes reculent devant les êtres humains et ont soif d’eau : eh bien, vraiment, le fleuve est du sang. Si l’on en boit, on le rejette en tant qu’humain et on a soif d’eau. (Wilson)
II.3 les portes, les colonnes et les murs sont brûlés : les portes, les colonnes et les planches sont brûlées (Wilson)
II.4 les crocodiles [sont gorgés] par les poissons qu’ils ont pris, car les hommes vont à eux d’eux-mêmes : les crocodiles [coulent] à cause de ce qu’ils ont emporté, (car) les hommes vont à eux d’eux-mêmes. (Wilson)

III

En effet, le désert est tout le pays, les nomes sont dévastés, et des barbares (III.1) de l’étranger sont venus en Égypte (III.2).
En effet, les hommes arrivent […] et en effet, il n’y a pas d’Égyptiens (III.3) nulle part.
En effet, l’or et le lapis-lazuli, l’argent et la turquoise, la cornaline et l’améthyste, la pierre d’ibhet et [. . .] sont enfilés au cou des servantes. Il y a de bonnes choses dans tout le pays, et pourtant les ménagères disent : « Oh, si nous avions quelque chose à manger ! »
En effet, […] […] les femmes nobles. Leurs corps sont dans un triste état à cause de leurs haillons, et leurs cœurs se dénouent lorsqu’ils se saluent. En effet, des coffres d’ébène sont brisés, et du bois précieux est fendu en lits […].
En effet, les bâtisseurs [de pyramides sont devenus] des cultivateurs, et ceux qui étaient dans l’écorce sacrée sont maintenant sous son joug. En effet, aucun d’entre eux ne naviguera vers le nord jusqu’à Byblos aujourd’hui ; Que ferons-nous pour nos momies des cèdres, avec le produit duquel les prêtres sont enterrés et avec l’huile dont [les chefs] sont embaumés jusqu’à Keftiu ? Ils ne viennent plus ; L’or manque […] et les matériaux pour toutes sortes d’artisanat sont arrivés à leur fin. Le [. . .] du palais est spolié. Combien de fois les gens des oasis viennent-ils avec leurs épices de fête, leurs nattes et leurs peaux, avec des plantes fraîches, de la graisse d’oiseaux… ?
En effet, Éléphantine et Thinis […] de Haute-Égypte, (mais) sans payer d’impôts à cause de la guerre civile. Il manque des céréales, du charbon de bois, des fruits irréguliers, du bois de m’w, du bois de nwt et des broussailles. Le travail des artisans et [. . .] est le profit du palais. À quoi sert un trésor sans ses revenus ? Heureux est le cœur du roi quand la vérité vient à lui ! Et toute terre étrangère [vient] ! C’est notre destin et c’est notre bonheur ! Que pouvons-nous faire à ce sujet ? Tout n’est que ruine !
En effet, le rire périt et n’est plus fait ; Ce sont des gémissements qui sont dans tout le pays, mêlés de plaintes.

III.1 barbares : Les Égyptiens se considéraient comme le sommet de la création : leur terre était la terre, leur peuple était le peuple. En cela, leur attitude était similaire à celle d’autres peuples anciens (et moins anciens).
III.2 de l’étranger sont venus en Égypte : les périodes de faiblesse du pouvoir central ont ouvert des opportunités aux étrangers d’infiltrer le pays en nombre encore plus important qu’à l’ordinaire : les Medjay nubiens pendant la Première Période Intermédiaire, les Hyksôs pendant la Seconde. Pourtant, ils se comptaient probablement par milliers plutôt que par centaines de milliers.
III.3 Égyptiens : peuple (Wilson) cf. III.1.

IV

En effet, tout mort est comme un homme bien né. Ceux qui étaient égyptiens sont devenus des étrangers et sont mis à l’écart.
En effet, les cheveux sont tombés pour tout le monde, et l’homme de rang ne peut plus être distingué de celui qui n’est personne.
En effet, [. . .] à cause du bruit ; Le bruit n’est pas […] dans les années de bruit, et il n’y a pas de fin au bruit.
En effet, les grands et les petits [disent] : « Je voudrais mourir. » Les petits enfants disent : « Il n’aurait pas dû me faire vivre. »
En effet, les enfants des princes sont écrasés contre les murailles, et les enfants du cou (IV.1) sont étendus sur les hauteurs (IV.2).
En effet, ceux qui étaient dans le lieu de l’embaumement sont étendus sur les hauteurs, et les secrets des embaumeurs sont jetés à cause de cela.
En effet, ce qu’on a vu hier a péri, et la terre est abandonnée à sa faiblesse comme la coupe du lin.
En effet, le Delta dans son intégralité ne sera pas caché, et la Basse-Égypte fait confiance aux routes battues. Que peut-on faire ? Il n’y a pas de […] nulle part, et les hommes disent : « Perdition au lieu secret ! » Voici, elle est entre les mains de ceux qui ne la connaissent pas, comme ceux qui la connaissent. Les habitants du désert sont habiles dans l’artisanat (IV.3) du Delta.
En effet, les citoyens sont mis à la corvée, et ceux qui avaient l’habitude de revêtir du fin lin sont battus avec… Ceux qui n’avaient jamais vu le jour sont sortis sans entrave ; Celles qui étaient sur les lits de leurs maris les laissèrent coucher sur des radeaux. Je dis : « C’est trop lourd pour moi », à propos des radeaux chargés de myrrhe. Chargez-les avec des récipients remplis de [. . . Faites-leur connaître le palanquin. Quant au majordome, il est ruiné. Il n’y a pas de remède à cela ; Les femmes nobles souffrent comme des servantes, les ménestrels sont aux métiers à tisser dans les ateliers de tissage, et ce qu’ils chantent à la déesse-chanteuse est un deuil. Bavards [. . .] caoutchoucs de maïs.
En effet, toutes les femmes esclaves sont libres de leur langue, et quand leur maîtresse parle, cela gêne les servantes.
En effet, les arbres sont abattus et les branches sont arrachées (IV.4).

IV.1 les enfants du cou (c’est-à-dire s’accrochant au cou de l’adulte qui les porte) : Les enfants (une fois) priés pour eux (Wilson)
IV.2 sur les hauteurs : cimetière au-dessus de la plaine inondable.
IV.3 artisanat : travail (Wilson)
IV.4 les arbres sont abattus et les branches arrachées : la destruction massive des arbres cause de graves problèmes de carburant, comme on le voit aujourd’hui dans la région sahélienne de l’Afrique subsaharienne

V

Je l’ai séparé de ses serviteurs, et les hommes diront quand ils l’entendront : « La plupart des enfants manquent de gâteaux ; il n’y a pas de nourriture […]. Quel goût en a-t-il aujourd’hui ?
En effet, les magnats ont faim et périssent, les partisans sont suivis […] à cause des plaintes.
En effet, l’homme colérique dit : « Si je savais où est Dieu, alors je le servirais. »
En effet, [le Bien] imprègne le pays de nom, mais ce que les hommes font en s’y confiant est Faux.
En effet, les coureurs se disputent le butin du voleur, et tous ses biens sont emportés.
En effet, tous les animaux, leurs cœurs pleurent ; Le bétail gémit à cause de l’état de la terre.
En effet, les enfants des princes sont écrasés contre les murailles, et les enfants du cou sont étendus sur les hauteurs. Khnoum gémit à cause de sa lassitude.
En effet, la terreur tue ; L’homme effrayé s’oppose à ce qui est fait contre vos ennemis. De plus, quelques-uns sont contents, tandis que les autres sont… Est-ce en suivant le crocodile et en le fendant en deux ? Est-ce en tuant le lion rôti sur le feu ? [Est-ce que] par aspersion pour Ptah et en prenant […] ? Pourquoi lui donnez-vous ? Il n’y a pas moyen de l’atteindre. C’est la misère que vous lui donnez.
En effet, les esclaves . . . dans tout le pays, et l’homme fort envoie à tout le monde ; Un homme frappe son frère maternel. Qu’est-ce qui a été fait ? Je parle à un homme ruiné.
En effet, les chemins sont […], les routes sont surveillées (V.1) ; Les hommes s’assoient dans les buissons jusqu’à ce que le voyageur obscur vienne piller son fardeau, et ce qui est sur lui est enlevé. Il est assailli à coups de bâton et assassiné.
En effet, ce qu’on a vu hier a péri, et la terre est abandonnée à sa faiblesse comme la coupe du lin, les roturiers allant et venant en dissolution […].

V.1 les chemins sont […], les routes sont surveillées : les chemins [ne sont pas] des routes gardées (Wilson)

VI

Plût à Dieu qu’il y eût une fin des hommes, sans conception, sans naissance ! Alors le pays serait tranquille et le tumulte ne serait plus.
En effet, [les hommes mangent] de l’herbe et la lavent avec de l’eau ; On ne trouve ni fruits ni herbes [pour] les oiseaux, et […] on enlève de la bouche du porc. Il n’y a pas de visage radieux que tu aies […] pour moi à cause de la faim.
En effet, partout l’orge a péri et les hommes sont dépouillés de leurs vêtements, de leurs épices et de leur huile ; Tout le monde dit : « Il n’y en a pas. » L’entrepôt est vide et son gardien est étendu sur le sol ; un heureux état de choses ! . . .
Si seulement j’avais élevé la voix à ce moment-là, qu’elle m’eût sauvé de la douleur dans laquelle je suis.
En effet, la salle du conseil privée, ses écrits sont enlevés et les mystères qui s’y trouvaient sont mis à nu (VI.1).
En effet, des sorts magiques sont divulgués (VI.2) ; Les sorts smw et shnw (VI.3) sont frustrés parce que les hommes s’en souviennent.
En effet, les bureaux publics sont ouverts et leurs inventaires sont supprimés ; Le serf est devenu propriétaire de serfs.
En effet, [les scribes] sont tués et leurs écrits sont enlevés. Malheur à moi à cause de la misère de ce temps !
En effet, les écrits des scribes du cadastre sont détruits, et le blé d’Égypte est propriété commune (VI.4).
En effet, les lois de la chambre du conseil sont rejetées ; En effet, les hommes marchent dessus dans les lieux publics, et les pauvres les brisent dans les rues.
En effet, le pauvre homme est parvenu à l’état des Neuf Dieux, et l’ancienne procédure de la Maison des Trente (VI.5) est divulguée.
En effet, la grande salle du conseil est un lieu de villégiature populaire, et les pauvres vont et viennent dans les grandes demeures.
En effet, les enfants des magnats sont jetés dans les rues ; Le sage est d’accord et l’insensé dit « non », et c’est agréable aux yeux de celui qui n’en sait rien.
En effet, ceux qui étaient dans le lieu de l’embaumement sont étendus sur les hauteurs, et les secrets des embaumeurs sont jetés à cause de cela.

VI.1 la salle du conseil privée, ses écrits sont enlevés et les mystères qui s’y trouvaient sont mis à nu, les écrits de l’enceinte des augures sont lus. Le lieu des secrets qui était (si autrefois) est (maintenant) mis à nu (Wilson)
VI.2 les sorts magiques sont divulgués : la magie a toujours fui la lumière du jour et devient inefficace lorsqu’elle est examinée avec un esprit critique. Étrangement, cela n’a jamais empêché les gens d’y croire.
VI.3 sorts smw et shnw : Sorts de Go et sorts d’enpli (Wilson)
VI.4 le blé d’Égypte est propriété commune : Le gr La subsistance de l’Égypte est (maintenant) un va-et-vient. (Wilson) Le stockage des excédents de céréales et leur redistribution étaient l’une des pierres angulaires de l’économie égyptienne.
VI.5 Maison des Trente : Tribunal, cf. Mangeur d’entrailles qui est sorti de la Maison des Trente, je n’ai pas commis de parjure. Extrait du Livre des Morts, trad. par Allen et Faulkner

VII

Voici, le feu s’est élevé dans les hauteurs, et son feu s’en va contre les ennemis du pays.
Voici, des choses ont été faites qui n’étaient pas arrivées depuis longtemps ; Le roi a été déposé par la populace.
Voici, celui qui a été enseveli comme un faucon (VII.1) [est dépourvu] de bières, et ce que la pyramide cachait est devenu vide.
Voici, il est arrivé que le pays a été privé de la royauté par quelques hommes sans foi ni loi.
Voici, les hommes sont tombés en rébellion contre l’Uraeus, la [. . .] de Rê, même celle qui fait le bonheur des Deux Terres.
Voici, le secret de la terre dont les limites étaient inconnues est divulgué, et la Résidence est renversée en un instant.
Voici, l’Égypte est tombée sous le déversement d’eau, et celui qui a répandu de l’eau sur la terre a emporté l’homme fort dans la misère.
Voici, le serpent est retiré de son trou, et les secrets des rois de Haute et de Basse Égypte sont divulgués.
Voici, la Résidence a peur à cause de la misère, et [les hommes se promènent] sans opposition pour semer la discorde.
Voici, le pays s’est mêlé aux confédérations, et le lâche s’empare des biens de l’homme courageux.
Voici le Serpent (VII.2) […] les morts : celui qui n’a pas pu se faire un sarcophage est maintenant le possesseur d’un tombeau.
Voici, les possesseurs de tombeaux sont rejetés sur les hauteurs, tandis que celui qui n’a pas pu se faire un cercueil est maintenant [le possesseur] d’un trésor.
Voici, c’est ce qui est arrivé aux hommes ; Celui qui n’a pas pu se construire une chambre est maintenant un possesseur de murs.
Voici, les magistrats du pays sont chassés dans tout le pays, […] sont chassés des palais.
Voici, les dames nobles sont maintenant sur des radeaux, et les magnats sont dans l’établissement de travail, tandis que celui qui ne pouvait pas dormir même sur les murs est maintenant le possesseur d’un lit (VII.3).
Voici, celui qui possède les richesses passe maintenant la nuit assoiffé, tandis que celui qui mendiait autrefois sa lie pour lui-même est maintenant le possesseur de coupes débordantes.
Voici, ceux qui possèdent des robes sont maintenant en haillons, tandis que celui qui ne pouvait pas tisser pour lui-même est maintenant un possesseur de fin lin.
Voici, celui qui n’a pas pu construire une barque pour lui-même est maintenant le possesseur d’une flotte ; Leur ancien propriétaire les regarde, mais ils ne sont pas les siens.
Voici, celui qui n’avait pas d’ombre est maintenant le possesseur de l’ombre, tandis que les anciens possesseurs de l’ombre sont maintenant en pleine tempête.
Voici, celui qui ignorait la lyre est maintenant le possesseur d’une harpe, tandis que celui qui n’a jamais chanté pour lui-même vante maintenant la déesse-chanteuse (VII.4).
Voici, ceux qui possédaient des vases d’airain […] pas un seul de ces vases n’en a été orné.

VII.1 Faucon : le pharaon, fils d’Horus
VII.2 Serpent : serpent (gardien) (Wilson)
VII.3 Voici, les dames nobles sont maintenant sur des radeaux, et les magnats sont dans l’établissement ouvrier, tandis que celui qui ne pouvait pas dormir même sur les murs est maintenant le possesseur d’un lit. Voici, les dames des nobles sont (maintenant) des glaneuses, et les nobles sont dans l’hospice. (Mais) celui qui n’a jamais (même) dormi sur une planche est (maintenant) le propriétaire d’un lit. (Wilson)
VII.4 Déesse-chanteuse : déesse de la musique (Wilson)

VIII

Voici, celui qui a dormi sans femme par manque [trouve] des richesses, tandis que celui qu’il n’a jamais vu se tient debout dans la misère.
Voici, celui qui n’avait pas de biens est maintenant un possesseur de richesses, et le magnat le loue.
Voici, les pauvres du pays sont devenus riches, et celui qui n’a rien.
Voici, les serviteurs sont devenus les maîtres des majordomes, et celui qui était autrefois un messager en envoie maintenant un autre.
Voici, celui qui n’avait pas de pain est maintenant propriétaire d’une grange, et son magasin est pourvu des biens d’un autre.
Voici, celui dont les cheveux sont tombés et qui n’avait pas d’huile est maintenant devenu le possesseur de jarres de myrrhe douce.
Voici, celle qui n’avait pas de boîte est maintenant propriétaire d’un coffre, et elle qui devait regarder son visage dans l’eau est maintenant propriétaire d’un miroir.
Voici, [. . .].
Voici, un homme est heureux en mangeant sa nourriture. Consommez vos biens dans la joie et sans entrave, car il est bon pour un homme de manger sa nourriture ; Dieu l’ordonne pour celui qu’il a favorisé […].
[Voici, celui qui ne connaissait pas] son dieu lui offre maintenant l’encens d’un autre [qui n’est] pas connu.
[Voici,] les grandes dames, jadis possédant des richesses, donnent maintenant leurs enfants pour lits.
Voici, un homme [à qui l’on a donné] une noble dame pour femme, son père le protège, et celui qui n’a pas [. . .] le tue.
Voici, les enfants des magistrats sont [ . . . les veaux] / du bétail [sont livrés] aux pillards.
Voici, les prêtres transgressent avec le bétail des pauvres […].
Voici, celui qui n’a pas pu égorger pour lui-même égorge maintenant des taureaux, et celui qui ne savait pas sculpter voit maintenant […].
Voici, les sacrificateurs transgressent avec les oies, qui sont données aux dieux au lieu de bœufs.
Voici, les servantes […] offrent des canards ; femmes nobles [. . .].
Voici, les nobles femmes s’enfuient ; les surveillants de […] et leurs [enfants] sont abattus par la peur de la mort.
[Voici,] les chefs du pays s’enfuient ; Il n’y a pas de but pour eux à cause du besoin. Le seigneur de [. . .].

IX

Ceux qui possédaient autrefois des lits sont maintenant à terre, tandis que celui qui dormait autrefois dans la misère se tend maintenant une natte de peau.
Voici, les femmes nobles ont faim, tandis que les prêtres (IX.1) sont rassasiés de ce qui a été préparé pour eux.
Voici, aucun bureau n’est à sa place, comme un troupeau qui court au hasard sans berger.
Voici, le bétail s’égare et il n’y a personne pour le ramasser, mais chacun va chercher pour lui-même ceux qui sont marqués de son nom (IX.2).
Voici, un homme est tué à côté de son frère, qui s’enfuit et l’abandonne pour sauver sa peau.
Voici, celui qui n’avait pas de attelage de bœufs est maintenant propriétaire d’un troupeau, et celui qui n’a pu trouver pour lui-même aucun laboureur est maintenant propriétaire de bétail.
Voici, celui qui n’avait pas de blé est maintenant le propriétaire des greniers, et celui qui devait aller chercher du blé de prêt pour lui-même est maintenant celui qui en distribue.
Voici, celui qui n’avait pas de personnes à charge est maintenant propriétaire de serfs, et celui qui était [un magnat] fait maintenant ses propres commissions.
Voici, les hommes forts du pays, la condition du peuple ne leur est pas rapportée. Tout n’est que ruine !
Voici, aucun artisan ne travaille, car les ennemis de la terre ont appauvri ses artisans.
[Voici, celui qui a jadis enregistré] la moisson n’en sait plus rien, tandis que celui qui n’a jamais labouré [car lui-même est maintenant le propriétaire du blé ; la moisson] a lieu mais n’est pas rapporté. Le scribe [est assis dans son bureau], mais ses mains [y sont inactives].
Détruit est […] en ce temps-là, et l’homme regarde [son ami comme] un adversaire. L’infirme apporte de la fraîcheur [à ce qui est chaud…], de la peur [. . . / . . .]. Pauvres hommes [. . . la terre] n’est pas brillante à cause de cela.

IX.1 prêtres : hommes du roi (Wilson)
IX.2 chacun va chercher pour lui-même ceux qui sont marqués de son nom : Chacun prend pour lui-même et marque (eux) de son nom. (Wilson)

X

Leur nourriture leur est enlevée [. . .] par la peur de sa terreur. Le roturier implore [. . .] messager, mais pas [. . .] temps. Il est capturé chargé de marchandises et [tous ses biens] sont confisqués. [. . .] Des hommes passent devant sa porte […] l’extérieur de la muraille, un hangar et des chambres contenant des faucons. C’est le commun des mortels qui veillera, le jour s’étant levé sur lui sans qu’il le redoute. Les hommes courent à cause de [. . . car] la tempe de la tête, tendue à travers un tissu tissé à l’intérieur de la maison. Ce qu’ils font, ce sont des tentes, tout comme les gens du désert.
Détruit est l’accomplissement de ce pour quoi les hommes sont envoyés par des serviteurs au service de leurs maîtres ; Ils ne sont pas prêts.
Voici, ils sont cinq hommes, et ils disent : « Allez sur la route, vous savez, car nous sommes arrivés. »
La Basse-Égypte pleure ; Le magasin du roi est la propriété commune de tous, et tout le palais est privé de ses revenus. À elle appartiennent l’amidonnier et l’orge, la volaille et le poisson ; à elle appartiennent le drap blanc et le fin lin, le cuivre et l’huile ; C’est à elle qu’appartiennent les tapis et les nattes, […] les fleurs et la gerbe de blé et tous les bons revenus […] Si le . . . s’il était retardé dans le palais, les hommes seraient dépourvus [de…].
Détruisez les ennemis de l’auguste Résidence, splendide de magistrats […] qui s’y trouvent comme […] ; en effet, le gouverneur de la ville se déplace sans escorte.
Détruisez [les ennemis de l’auguste Résidence,] splendide […]. [Détruisez les ennemis de] cette auguste Résidence d’autrefois, multiple de lois […]. [Détruisez les ennemis de] cette auguste [Résidence […].
Détruisez les ennemis de cette auguste Résidence d’autrefois, […], personne ne peut résister […].
Détruisez les ennemis de cette auguste Résidence d’autrefois, multitude de bureaux ; en effet [. . . .].
N’oubliez pas d’immerger […] celui qui souffre quand il est malade dans son corps ; Montrez du respect […] à cause de son Dieu, afin qu’il garde la parole […] de ses enfants qui sont témoins de la crue du déluge.

XI

Souvenez-vous de (XI.1) à [. . . . .] . . . sanctuaire, de fumiger avec de l’encens et d’offrir de l’eau dans une jarre tôt le matin.
Souviens-toi [d’apporter] des oies r, des oies et des canards gras (XI.2) et d’offrir les offrandes de Dieu aux dieux.
N’oubliez pas de mâcher du natron (XI.3) et de préparer du pain blanc ; Un homme [devrait le faire] le jour où il se mouille la tête.
N’oubliez pas d’ériger des mâts de drapeau et de sculpter des pierres d’offrande, le prêtre nettoyant les chapelles et le temple étant plâtré (blanc) comme du lait ; pour rendre agréable l’odeur de l’horizon et pour fournir des offrandes de pain.
N’oubliez pas d’observer les règlements, de fixer correctement les dates et de destituer celui qui entre dans l’office sacerdotal dans l’impureté du corps, car c’est le faire injustement, c’est la destruction du cœur […] le jour qui précède l’éternité, les mois [. . .] années sont connus.
N’oubliez pas d’abattre les bœufs […].
Souviens-toi d’aller purifié [. . .] qui t’appelle ; mettre des oies sur le feu [. . .] ouvrir la jarre [. . .] le rivage des eaux [. . .] des femmes [. . .] des vêtements [. . . / . . .] pour faire l’éloge . . . . afin de vous apaiser.
[…] le manque de personnel ; venir [. . .] Re qui commande [. . .] de l’adorer [. . .] Ouest jusqu’à [. . .] sont diminués [. . .].
Voici, pourquoi cherche-t-il à façonner [les hommes…] ? L’homme effrayé ne se distingue pas de l’homme violent.

XI.1 Rappelez-vous : Les choses dont il faut se souvenir sont les devoirs des prêtres, au premier rang desquels le pharaon en tant que Grand Prêtre, envers leurs dieux. Conformément à la pensée magique de l’époque (et qui persiste encore chez de nombreux croyants), l’accomplissement méticuleux des devoirs apporte avec lui la faveur des dieux et donc le bien-être des pieux.
XI.2 canards : oies sat-oies (Wilson)
XI.3 natron : utilisé pour le nettoyage des dents, cf. Hygiène personnelle et cosmétique

XII

Il apporte la fraîcheur sur la chaleur ; les hommes disent : « Il est le berger de l’humanité, et il n’y a pas de mal dans son cœur. » Bien que ses troupeaux soient peu nombreux, il passe une journée à les rassembler, leurs cœurs étant en feu.
Plût à Dieu qu’il eût perçu leur nature dans la première génération ; alors il leur aurait imposé des obstacles, il aurait étendu son bras contre eux, il aurait détruit leurs troupeaux (XII.1) et leur héritage. Les hommes désirent donner naissance, mais la tristesse survient, avec des personnes dans le besoin de tous les côtés. Il en est ainsi, et il ne passera pas tant que les dieux qui sont au milieu d’elle existeront. La semence se répand dans les femmes mortelles, mais on n’en trouve aucune sur la route.
Le combat a commencé, et celui qui devrait réparer les maux est celui qui les commet ; Les hommes n’agissent pas non plus comme pilote pendant leur heure de service. Où est-il aujourd’hui ? Est-ce qu’il dort ? Voici, sa puissance n’est pas visible.
Si nous avions été nourris, je ne vous aurais pas trouvé, je n’aurais pas été convoqué en vain ; « L’agression contre elle signifie la douleur du cœur » est un dicton sur les lèvres de tout le monde. Aujourd’hui, celui qui a peur… une myriade de personnes ; [. . .] n’a pas vu [. . .] contre les ennemis de [. . .] dans sa chambre extérieure ; qui entrent dans le temple […] en pleurant sur lui […] celui qui confond ce qu’il a dit […] La terre n’est pas tombée […], les statues sont brûlées et leurs tombeaux détruits […], il voit le jour de […]. Celui qui n’a pas pu se débrouiller […] entre le ciel et la terre a peur de tout le monde.
. . . s’il le fait… ce que vous n’aimez pas prendre.
L’autorité, la connaissance et la vérité sont avec vous, mais la confusion est ce que vous mettez dans tout le pays, ainsi que le bruit du tumulte. Voici, l’un fait du mal à l’autre, car les hommes se conforment à ce que tu as commandé. Si trois hommes voyagent sur la route, il s’avère qu’ils ne sont que deux, car le plus grand nombre tue le petit nombre.

XII.1 leurs troupeaux : la semence de ceux-ci (Wilson)

XIII

Un berger désire-t-il la mort ? Puisses-tu donc ordonner qu’on réponde, parce que cela signifie que l’un aime, l’autre déteste ; cela signifie que leurs existences sont peu nombreuses partout ; Cela signifie que vous avez agi de manière à ce que ces choses s’accomplissent. Vous avez menti, et la terre est une mauvaise herbe qui détruit les hommes, et personne ne peut compter sur la vie. Toutes ces années sont des conflits, et un homme est assassiné sur le toit de sa maison, alors qu’il était vigilant dans sa hutte. Est-il courageux et se sauve-t-il lui-même ? Cela signifie qu’il vivra.
Quand les hommes envoient un serviteur chercher des gens humbles, il va sur la route jusqu’à ce qu’il voie le déluge ; La route est emportée par les eaux et il reste inquiet. Ce qu’il a sur lui est enlevé, il est frappé à coups de bâton et tué injustement. Oh si vous pouviez goûter un peu de la misère de tout cela ! Alors vous diriez [. . .] de quelqu’un d’autre comme un mur, au-dessus et au-dessus de [. . .] chaud . . . années… [. . .].
[C’est vraiment bien] quand les navires remontent [. . . . .] en les volant.
C’est en effet bon […]. [Il est vrai] bon que le filet soit tendu et que les oiseaux soient attachés […].
C’est [en effet] de bonnes dignités pour eux, et les routes sont praticables.
Il est bon que les mains des hommes construisent des pyramides, que l’on creuse des étangs et que l’on fasse des plantations d’arbres des dieux.
Il est bon en effet que les hommes soient ivres ; Ils boivent du Myt et leurs cœurs sont heureux.

XIV

Il est bon en effet que les cris soient dans la bouche des hommes, que les magnats des districts regardent les cris dans leurs maisons, vêtus d’un manteau, nettoyés devant et bien pourvus à l’intérieur.
Il est en effet bon que les lits soient préparés et que les appuie-tête des magistrats soient sécurisés en toute sécurité. Le besoin de chaque homme est satisfait par un lit à l’ombre, et une porte est maintenant fermée sur celui qui dormait autrefois dans les buissons.
Il est bon en effet que le fin linge soit étalé le jour de l’an […] sur la berge ; quand le linge fin est étalé et que les manteaux sont sur le sol. Le surveillant des arbres [. . .] les pauvres [. . / . . .] au milieu d’eux comme des Asiatiques […]. Les hommes […] l’état de celui-ci ; ils sont arrivés à la fin d’eux-mêmes ; on n’en trouve aucun pour se lever et se protéger […].
Tout le monde se bat pour sa sœur et sauve sa peau. S’agit-il de Nubiens ? Alors nous nous garderons nous-mêmes ; Les guerriers sont nombreux afin de repousser les étrangers. S’agit-il de Libyens ? Alors nous nous détournerons. Les Medjaï sont satisfaits de l’Égypte (XIV.2).

XIV.1 bien pourvu à l’intérieur : ventre ferme (Wilson)
XIV.2 Les Medjaï sont satisfaits de l’Égypte : Les Madjoï sont heureusement avec l’Égypte. (Wilson) ; Les Medjaï se contentent de l’Égypte. (Lichtheim)

XV

Comment se fait-il que chaque homme tue son frère ? Les troupes que nous nous sommes constituées se sont transformées en étrangers et se sont mises à ravager (XV.1). Ce qui s’y est passé, c’est d’informer les Asiatiques de l’état du pays ; Tous les gens du désert en sont possédés. Ce que la plèbe a goûté […] sans livrer l’Égypte au sable. Il est fort [. . .] parler de toi après des années […] se dévastent, c’est l’aire de battage qui nourrit leurs maisons [. . .] pour nourrir ses enfants [. . .] dit par les troupes [. .] poisson [. . .] gomme, feuilles de lotus [. . .] excès de nourriture.

XVI

Ce qu’Ipuwer a dit lorsqu’il s’est adressé à la Majesté du Seigneur de Tous : […] tous les troupeaux. Cela signifie que l’ignorance de ce qui plaît au cœur. Tu as fait ce qui était bon dans leur cœur et tu en as nourri les gens. Ils se couvrent le visage par peur du lendemain.
C’est ainsi qu’un homme vieillit avant de mourir, tandis que son fils est un garçon d’intelligence ; Il n’ouvre pas la bouche pour te parler, mais tu le saisis dans le châtiment de la mort […] pleure [. . .] va [. . .] après toi, afin que le pays soit […] de tous côtés.

XV.1 étrangers et se sont mis à ravager : barbares, commençant à détruire ce dont ils ont pris leur être (Wilson)

XVII

Si les hommes appellent à [. . .] pleurer […] ceux qui font irruption dans les tombeaux et brûlent les statues […] les cadavres des nobles [. . . / . . .] de diriger le travail.