
Nitsavim (נִצָּבִים — « Vous êtes debout »)
Deutéronome 29,9 – 30,20 — Isaïe 61,10 – 63,9
Moché rassemble tout Israël[1], pour renouveler l’alliance avant l’entrée en Terre d’Israël. Il décrit l’exil, mais promet le retour. La haftara est la dernière des sept haftarot de consolation : Sion sera rebâtie et parée comme une mariée.
Deutéronome 30,4
אִם־יִהְיֶה נִדַּחֲךָ בִּקְצֵה הַשָּׁמַיִם — מִשָּׁם יְקַבֶּצְךָ יְיָ אֱלֹהֶיךָ וּמִשָּׁם יִקָּחֶךָ.
« Même si tes dispersés se trouvent à l’extrémité des cieux, de là l’Éternel, ton Dieu, te rassemblera, et de là Il te prendra. »
Derrière une porte en bois semblable aux autres se trouve la synagogue encore active de Samarkand, Kanesoi Gumbaz[2]. Terminée en 1891 dans le quartier juif[3] de la vieille ville, elle fut financée par Rafael ben Moshé Nosi Kalantarov[4] en mémoire de son épouse Tzipora.
L’ensemble, conçu par David ben Avraham, maître d’œuvre local, familier des formes persanes et timourides[5], comprend une grande et une petite gumbaz, reliées par un iwan[6], une cour centrale et un hammam juif qui abritait le mikvé. À l’intérieur, la coupole de la salle de prière est comme un ciel bleu. La bibliothèque comprend des livres en langue judéo-tadjike[7] et en hébreu.
Aujourd’hui, la communauté boukhariote[8] s’est largement réduite, surtout au profit d’Israël, où elle compte[9] entre 100 000 et 160 000 personnes.
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[1] Rachi, sur Dt 30,4, comprend cette promesse du rassemblement comme concernant également les générations à venir, dans la continuité de l’alliance.
[2] Kanesoi Gumbaz est le terme boukhariote désignant une synagogue (kanesoi, de l’hébreu כנסת, knesset, « assemblée ») dotée d’une coupole (gumbaz). Dans le contexte boukhariote, l’expression est devenue un nom propre.
[3] Le quartier juif de Samarkand, attesté depuis le XVIIIe siècle, se structure autour de ruelles étroites et de maisons basses en pisé. La synagogue y est discrète, reflet d’une coexistence prudente dans un environnement musulman, où les minorités religieuses vivaient sous le statut de dhimmi.
[4] Rafael ben Moshé Nosi Kalantarov appartenait à l’une des familles juives boukhariotes de Samarkand. Le nom Kalantarov dérive du persan kalāntar (« notable, chef de quartier »), titre administratif attribué aux responsables communautaires dans les villes d’Asie centrale. Selon les récits de ses petits-enfants (Uzbek Travel, « Samarkand: in the wilds of old mahallas »), il mourut du choléra peu avant l’achèvement de l’édifice, sans avoir eu le temps d’y prier.
[5] Les formes timourides y sont reconnaissables aux motifs floraux et géométriques caractéristiques de l’art persan, adaptés à l’espace liturgique juif.
[6] L’iwan est une salle voûtée ouverte sur un côté, caractéristique de l’architecture persane. Ici, il assure la transition et la ventilation entre la cour et les espaces fermés.
[7] Le judéo-tadjik, ou bukhori, est une langue iranienne historiquement parlée par les Juifs de Boukhara et de Samarkand. Elle s’écrit traditionnellement en caractères hébraïques et comporte un important vocabulaire hébraïque et araméen.
[8] Les Juifs boukhariotes constituent une communauté juive d’Asie centrale, implantée notamment à Boukhara et à Samarkand. Leur identité s’est formée au croisement des traditions juives et de la culture persane d’Asie centrale, dans le contexte des échanges commerciaux.
[9] Les estimations concernant la population boukhariote en Israël varient selon les sources et les critères retenus (origine familiale, lieu de naissance, auto-identification). Les premières migrations débutent dans les années 1970, mais le flux le plus important se produit après 1991, à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique. En dehors d’Israël, la communauté boukhariote est principalement établie dans le Queens (New York), à Vienne et à Moscou.








