
Qora’h (קֹרַח) [1]
Nombres 16,1–18,32 • 1 Samuel 11,14–12,22
L’ambitieux Qora’h conteste l’autorité de Moshé et d’Aharon. Pour trancher, Moshé dépose les bâtons des chefs des douze tribus dans le Tabernacle. Au matin, un seul a fleuri. La haftara rappelle que l’autorité légitime se prouve par les actes — non par l’ambition.
Nombres 17,23
וַיְהִי מִמָּחֳרָת, וַיָּבֹא מֹשֶׁה אֶל־אֹהֶל הָעֵדוּת, וְהִנֵּה פָּרַח מַטֵּה־אַהֲרֹן לְבֵית לֵוִי; וַיֹּצֵא פֶרַח וַיָּצֵץ צִיץ, וַיִּגְמֹל שְׁקֵדִים.
« Or, le lendemain, Moshé entra dans la tente du témoignage, et voici que la verge d’Aharon, pour la maison de Lévi, avait fleuri : elle avait produit des bourgeons, fait éclore des fleurs, et donné des amandes. »
Un bâton coupé de sa racine, tenu pour mort, qui refleurit : telle est l’image même de Kfar Etzion [2]. Dans les collines de Judée, au sud de Jérusalem, ce kibboutz fut fondé en 1927, détruit [3] à plusieurs reprises et rasé le 13 mai 1948 [4], à la veille de la proclamation de l’État d’Israël.
Pendant les dix-neuf années d’occupation jordanienne, les familles expulsées se rendaient sur les hauteurs de Jérusalem, au belvédère de Ramat Ra’hel, d’où elles apercevaient au loin le chêne du Goush Etzion [5]. Après la guerre des Six Jours [6], les descendants des fondateurs revinrent et rebâtirent le kibboutz sur son site originel.
Aujourd’hui, Kfar Etzion est un kibboutz religieux sioniste d’environ 1 200 habitants. Il abrite une mekhina (מכינה) [7] parmi les plus réputées du pays, un musée retraçant l’histoire du Goush Etzion, ainsi que diverses activités éducatives et touristiques. La communauté dispose aussi d’un ensemble hôtelier (zimmer) pour l’accueil des visiteurs. Fidèle à sa vocation agricole, le kibboutz cultive pommiers, cerisiers, vignes et amandiers.
[1] La paracha lue en diaspora ce chabbat est Chelakh Lekha.
[2] Le nom Etzion fut choisi en hommage à Shmuel Zvi Holtzman (1883–1960), acquéreur des terres dans les années 1930 ; le nom joue sur le mot allemand holz, signifiant bois, rapproché de l’hébreu etz (עץ), bois.
[3] Les quatre fondations de Kfar Etzion :
— 1927–1929 sous le nom Migdal Eder (מגדל־עדר), mentionné en Genèse 35,21 ; détruite lors des émeutes de 1929.
— 1934–1936 : la société El HaHar établit le kibboutz ; abandonné lors de la révolte arabe.
— 1943–1948 : refondé par Hapoel HaMizrachi (fondé en 1922), attaché à l’idéal « Torah et travail » ; lors de la prise du kibboutz le 13 mai 1948, 127 défenseurs furent massacrés après leur reddition, quatre prisonniers survécurent.
— Depuis le 25 septembre 1967 : refondé par les descendants des habitants de 1948.
[5] Le chêne du Goush Etzion est un arbre multi-centenaire (600 à 700 ans), visible depuis Jérusalem, symbole du Goush Etzion.
[6] Coalition arabe lors de la guerre des Six Jours : Égypte, Jordanie et Syrie (belligérants principaux), Irak (troupes en Jordanie), Arabie saoudite et Koweït (contingents), soutien politique ou logistique de l’Algérie, du Maroc, du Soudan et de la Tunisie.
[7] Mekhina : école préparatoire religieuse et militaire, destinée aux jeunes Israéliens avant leur service dans Tsahal ; elle combine études de Torah, formation civique et entraînement physique.








