
Tsav ((צו — prescris), Chabbat Hagadol (שבת הגדול — Grand Chabbat)
Lévitique 6:1–8:36 • Malachie 3:4–24
L’un des thèmes centraux de la paracha Tsav est le feu perpétuel de l’autel, signe de la présence de l’Éternel parmi Israël. La haftara de Chabbat Hagadol reprend cette idée sous une autre image : Dieu y apparaît comme un « soleil de justice » apportant guérison et protection.
Malachie 3:20
וְזָרְחָה לָכֶם יִרְאֵי שְׁמִי שֶׁמֶשׁ צְדָקָה וּמַרְפֵּא בִּכְנָפֶיהָ
Pour vous qui craignez Mon Nom brillera un soleil de justice, avec la guérison dans ses ailes.
Ce symbole figure précisément sur la bulla[1] d’Ézéchias, découverte en 2015 lors des fouilles dirigées par Eilat Mazar [2] dans la zone de l’Ophel[3]. Cette empreinte en argile — la première attribuée avec certitude à un roi de Juda trouvée en fouilles stratifiées [4] — porte un soleil ailé [5].
Cette iconographie est caractéristique de la fin du règne d’Ézéchias[6] : après la crise assyrienne et sa guérison miraculeuse, le roi adopte un symbole exprimant la protection divine. Les sceaux de Juda[7] auparavant marqués de motifs égyptiens, se tournent alors vers ce soleil ailé, signe d’une réorientation symbolique à portée théologique.
[1] Bulla : petite pastille d’argile utilisée pour sceller des documents ou des objets. La bulla d’Ézéchias a été retrouvée intacte, avec son inscription hébraïque « à Ézéchias [fils] d’Achaz, roi de Juda ». Elle est conservée par l’Université Hébraïque de Jérusalem.
[2] Eilat Mazar (1956–2021), archéologue israélienne connue pour avoir mis au jour plusieurs structures majeures de Jérusalem ancienne, notamment dans la Cité de David et l’Ophel.
[3] L’Ophel secteur situé entre la Cité de David et l’esplanade du Temple, comprenant des bâtiments administratifs et des fortifications du Premier Temple.
[4] Contexte stratifié : découverte dans une couche archéologique datée, ce qui garantit l’authenticité et la provenance — contrairement aux bullae issues du marché des antiquités.
[5] Le soleil ailé est un symbole proche‑oriental ancien, associé à la protection royale ou divine. Dans la Bible, l’image des ailes protectrices apparaît en Exode 19:4 et Psaume 91:4, tandis que Malachie 3:20 évoque un astre ailé, plus proche du motif figurant sur la bulla.
[6] Ézéchias (Hizqiyahou – vers 715–686 AEC)
roi de Juda connu pour sa réforme religieuse, sa résistance à l’Assyrie et l’épisode de sa maladie suivie d’une guérison miraculeuse (Isaïe 38). Son administration est bien attestée par de nombreuses bullae et par les jarres estampillées למלך.
[7] Avant Ézéchias, les sceaux royaux de Juda utilisaient fréquemment des symboles égyptiens comme l’ankh ☥ (la vie), le scarabée 𓆣 (le renouveau et la protection), et l’uraeus 𓆗 (la protection royale).








