
Beha’alotekha [1] (בְּהַעֲלֹתְךָ – « lorsque tu feras monter »)
Nombres 8,1–12,16 • Zacharie 2,14–4,7
La paracha s’ouvre avec l’allumage de la Ménorah et l’institution du service des Lévites. Elle poursuit avec le récit du Pessa’h célébré dans le désert [2] et l’instauration de Pessa’h Chéni, puis décrit les premiers déplacements du peuple, guidé par la nuée divine. Les Sages du Second Temple [3] ont choisi cette haftara car elle évoque la vision de la Ménorah d’or.
Nombres 8,2
בְּהַעֲלֹתְךָ אֶת־הַנֵּרוֹת אֶל־מוּל פְּנֵי הַמְּנוֹרָה יָאִירוּ שִׁבְעַת הַנֵּרוֹת
« Lorsque tu feras monter les lampes, les sept lampes éclaireront vers l’avant de la Ménorah. »
Située dans la vallée fertile de Sorek, Tel Beit Shemesh [4] bénéficie d’un environnement particulièrement favorable à l’oléiculture. Les fouilles menées entre 1990 et 2010 par Bunimovitz et Lederman [5] mettent en évidence l’importance des installations de pressage d’olives datées de l’époque du Premier Temple (VIIIᵉ–VIIᵉ s. AEC) : meules massives, bassins de collecte et cuves de décantation. Ces découvertes confirment une production d’huile à grande échelle destinée à l’usage quotidien, à l’économie régionale et à l’approvisionnement du Temple de Jérusalem.
Les recherches menées au pied du tell révèlent également un centre de production d’huile actif sous les Assyriens puis les Babyloniens, montrant la continuité de cette activité même sous domination étrangère.
[1] En raison du décalage créé lorsque la deuxième journée de Yom Tov tombait un Chabbat. En diaspora, la paracha lue est Nasso.
[2] Pessa’h dans le désert désigne la première célébration de Pessa’h après la sortie d’Égypte, un an plus tard, alors que les Hébreux campaient au Sinaï (Nombres 9,1‑14). Ce fut la seule célébration de Pessa’h durant les quarante années d’errance.
[3] Les Sages du Second Temple (Iᵉʳ s. AEC – Iᵉʳ s. EC) : Il s’agit principalement des soferim (scribes) et des Pharisiens, précurseurs du judaïsme rabbinique, qui ont organisé la vie religieuse à la fin de l’époque du Second Temple. C’est à cette période que la liturgie des haftarot s’est fixée.
[4] Beit Shemesh apparaît comme l’une des villes attribuées aux Lévites (Josué 21,16) et comme un lieu stratégique, notamment dans le récit du retour de l’Arche d’alliance rapportée par les Philistins (1 Samuel 6,13).
[5] Shlomo Bunimovitz (1952) : Archéologue israélien, professeur à l’Université de Tel-Aviv, spécialiste de l’âge du Fer en Juda et des relations entre Juda et les Philistins. Zvi Lederman (1948) : Archéologue israélien de l’Université de Tel-Aviv, spécialiste des systèmes agricoles et de l’économie de l’huile et du vin dans l’Antiquité.








