
Ki Tissa (כי תשא – Lorsque tu prendras) – Chabbat Para
Exode 30,11–34,35 — Lecture pour Para : Nombres 19,1–22 — Ézéchiel 36,16–38
Ki Tissa raconte la faute du Veau d’or et le renouvellement de l’alliance après la prière de Moché. Chabbat Para met l’accent sur la purification par l’eau mêlée aux cendres de la vache rousse, condition pour se rapprocher à nouveau de D.ieu. La haftara d’Ézéchiel prolonge ce thème : D.ieu promet d’« asperger Israël d’eau pure » et de lui donner un cœur nouveau.
Nombres 19,2
זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה, אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה לֵאמֹר:
דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְיִקְחוּ אֵלֶיךָ פָרָה אֲדֻמָּה תְּמִימָה אֲשֶׁר אֵין-בָּהּ מוּם, אֲשֶׁר לֹא-עָלָה עָלֶיהָ, עֹל.
Voici la loi que l’Éternel a prescrite : Avertis les enfants d’Israël de te choisir une vache rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug.
La vache rousse ouvre la voie du renouveau. La communauté de Jodensavanne[1], fondée au XVIIᵉ siècle dans le district de Para, est l’un des plus anciens foyers juifs du continent américain. Elle forma une colonie agricole structurée autour de cultures de canne à sucre, de cacao et de café. Son déclin[2] progressif au XIXᵉ siècle entraîna le regroupement de ses membres à Paramaribo[3], alors centre administratif et commercial de la colonie, offrant davantage de sécurité et d’opportunités.
En 1842, la synagogue Neveh Shalom, conçue par l’architecte J. F. Halfhide[4], fut inaugurée au cœur de la ville. Construite dans un style néoclassique, elle se reconnaît à sa façade rythmée par quatre colonnes ioniques soutenant un fronton triangulaire. L’intérieur, lumineux et sobrement raffiné, se distingue par ses boiseries, ses lustres de cuivre et surtout par son sol de sable blanc[5], devenu l’un des marqueurs les plus singuliers des synagogues caribéennes. Depuis 2002, le centre historique de Paramaribo, où se trouve la synagogue, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
[1] Jodensavanne est un toponyme néerlandais signifiant « la savane des Juifs ». Il désigne la zone de savane où s’était établie la communauté juive séfarade au Suriname.
[2] Le déclin de Jodensavanne résulte de l’effondrement de l’économie des plantations à partir de la fin du XVIIIᵉ siècle, aggravé par l’insécurité croissante dans la région et par l’incendie de 1832 qui détruisit le centre de la colonie.
[3] Le nom Paramaribo renvoie, dans toutes ses interprétations autochtones, à l’idée d’« habitants du fleuve » ou de « village au bord de l’eau ».
[4] Jan François Halfhide, architecte actif à Paramaribo dans la première moitié du XIXᵉ siècle, appartient à une famille créole solidement implantée au Suriname. Il est principalement connu pour la reconstruction de la synagogue Neve Shalom.
[5] Le sol de sable, caractéristique des synagogues caribéennes, renvoie à la fois au désert de l’Exode et aux pratiques discrètes des marranes, dont les prières étouffées ne devaient pas trahir la présence. Il répond aussi à des besoins pratiques dans le climat tropical du Suriname : il protège les structures en bois contre les termites et absorbe l’humidité.








