
Bamidbar (במדבר / Dans le désert)
Nombres 1,1 – 4,20 • Osée 2,1–22 • Pirkei Avot, chap. 6 (Perek Kinyan Torah[1])
Dans le désert, Moshé procède au recensement d’Israël, organise la disposition des tribus autour du sanctuaire et confie aux Lévites leurs responsabilités. Le désert n’est pas seulement un espace de passage : il devient le lieu où le peuple se structure et reçoit une mission collective.
Le prophète Osée évoque le désert comme un lieu de retour et de parole retrouvée. C’est dans cet espace dépouillé qu’un lien peut être réparé.
Osée 2,16 [2]
לָכֵן, הִנֵּה אָנֹכִי מְפַתֶּיהָ, וְהֹלַכְתִּיהָ, הַמִּדְבָּר; וְדִבַּרְתִּי, עַל-לִבָּהּ.
« C’est pourquoi, Me voici : Je la séduirai, Je la conduirai au désert, et Je parlerai à son cœur. »
Au seuil du désert, dans le ksar d’Amezrou, près de Zagora, ce village fortifié, historiquement lié aux axes caravaniers sahariens [3], a abrité une communauté juive rurale et oasienne du Sud marocain, relevant de l’ensemble que l’on peut désigner comme le judaïsme judéo‑berbère [4].
Dans l’ensemble de la vallée du Drâa, le travail de l’argent et la bijouterie [5], pratiqués notamment par des artisans juifs, constituent des activités traditionnelles locales.
Au début des années 1960, les Juifs quittent progressivement Amezrou à destination d’Israël, dans le contexte de l’après‑indépendance. Le départ des dernières familles est situé autour de 1962–1963.
La synagogue d’Amezrou, édifiée en terre crue (pisé), subsiste aujourd’hui au cœur du ksar, dans l’ancien mellah. Son Aron haKodesh est creusé dans le mur oriental et sa toiture repose sur des poutres de palmier, selon les techniques traditionnelles.
[1] Kinyan Torah (קניין תורה), « l’acquisition de la Torah », est le nom traditionnel donné au chapitre 6 de Pirkei Avot. Ce chapitre met l’accent sur la valeur de l’étude de la Torah et sur les dispositions par lesquelles elle s’acquiert, notamment la liste des quarante‑huit voies d’acquisition de la Torah.
[2] Emploi du féminin : Osée utilise l’image de l’épouse pour exprimer la relation entre Dieu et Israël.
[3] Contexte historique : Le ksar d’Amezrou s’inscrit dans le système des villages fortifiés du Sud marocain, développés le long des axes caravaniers sahariens. Ces ensembles structuraient l’habitat, les échanges et la vie communautaire des populations oasiennes, musulmanes et juives, dans la vallée du Drâa.
[4] L’expression judéo‑berbère désigne la diversité des communautés juives du Maghreb ayant vécu en milieu berbérophone.
[5] Le travail de l’argent et la bijouterie sont attestés comme des activités traditionnelles de la vallée du Drâa, historiquement associées à la présence juive dans les ksour de la région.








