
Pinhas (פִּינְחָס)
Nombres 25,10–30,1 • 1 Rois 18,46–19,21
La paracha raconte que Pin’has agit avec un zèle qui lui vaut l’alliance d’un sacerdoce perpétuel transmis à sa descendance, et la haftara montre Élie, épuisé mais lui aussi animé d’un zèle fervent, recevant de Dieu la force de poursuivre sa mission et d’instituer Élicha comme successeur.
I Rois 19,16
… וְאֶת-אֱלִישָׁע בֶּן-שָׁפָט מֵאָבֵל מְחוֹלָה, תִּמְשַׁח לְנָבִיא תַּחְתֶּיךָ.
« Et Élicha, fils de Chafat, d’Avel-Me’holha, tu l’oindras comme prophète à ta place. »
En 1978, Isaac Samuels, gardien de la synagogue Musmeah Yeshua (משמיע ישועה – « Celui qui fait entendre le salut »), au cœur du vieux Rangoun (Yangon ), en Birmanie (Myanmar ), transmet à son fils Moses la responsabilité de veiller sur la synagogue et lui fait promettre de ne jamais l’abandonner. Moses tient cette promesse et, à sa mort en 2015, son fils Sammy reprend naturellement la charge du lieu [1] avec ses sœurs Dina et Kaznah.
C’est la seule synagogue du pays [2], inaugurée en 1896. Son style mêle architecture coloniale britannique et tradition séfarade, avec des bancs en rotin adaptés au climat tropical et une coupole peinte en bleu et blanc. Elle servait autrefois une communauté juive [3] prospère, qui possédait 126 rouleaux de Torah, dont seulement deux subsistent aujourd’hui.
À partir de l’invasion japonaise, puis avec l’instauration du régime militaire [4], la communauté se dispersa progressivement, famille après famille, jusqu’à ne laisser aujourd’hui qu’une vingtaine de Juifs dans le pays.
[[1] Témoignages de la famille Samuels, recueillis dans des reportages consacrés à la synagogue Musmeah Yeshua (notamment Jerusalem Post et Haaretz, ainsi que dans la dépêche de la Jewish Telegraphic Agency (JTA) du 29 avril 2015 annonçant le décès de Moses Samuels). L’histoire est également documentée dans le film The Last Synagogue of Yangon, réalisé par Maya Ben‑Dor, ainsi que dans les travaux de Ruth Levy, historienne des communautés juives d’Asie du Sud‑Est, et de Graham Harvey, anthropologue britannique spécialiste des minorités religieuses.
[2]Une première synagogue en bois fut construite en 1854.
[3] La communauté juive de Birmanie comptait environ 2 500 personnes en 1940, figurant parmi les plus importantes d’Asie du Sud‑Est. Elle était composée principalement de Juifs baghdadis, arrivés d’Irak aux XVIIIᵉ–XIXᵉ siècles et établis à Calcutta et à Bombay, auxquels s’ajoutaient quelques familles Bene Israel, communauté très ancienne de la côte de Konkan (Bombay), mêlant une ascendance juive moyen‑orientale et indienne, ainsi que des Juifs de Cochin, installés depuis le XVe siècle dans le Kerala, porteurs de traditions séfarades et yéménites.
[4] L’invasion japonaise de 1942 provoqua l’évacuation de la majorité des Juifs de Rangoon vers l’Inde britannique. Plus tard, l’instauration du régime militaire en 1962 entraîna un isolement politique et économique qui accentua l’exode de la communauté juive et des autres minorités. Le pays demeure aujourd’hui sous l’autorité d’une junte militaire, issue d’un énième coup d’État (2021), maintenant un régime autoritaire et un contrôle strict de la vie politique.








