
Vayikra (וַיִּקְרָא – « Il appela »)
Lévitique 1,1–5,26 — Isaïe 43,21–44,23
Vayikra ouvre le troisième livre de la Torah, consacré au service du Michkan et à la fonction sacerdotale. Il détaille les différents types d’offrandes — ‘olah, min’ha, chelamim, ’hatat et acham — et introduit le principe du qorban, littéralement « moyen de rapprochement ». La haftara d’Isaïe évoque Israël comme un peuple « formé pour la louange ».
Lévitique 2,1
וְנֶפֶשׁ כִּי־תַקְרִיב מִנְחָה
Lorsqu’une âme offrira une minḥa…
La min’ha[1] est une offrande modeste, composée de farine mêlée d’huile et d’une poignée (קֹמֶץ – qomets) d’encens[2]. Elle pouvait être présentée à tout moment du jour comme expression de gratitude, de dévotion ou d’expiation.
Les fouilles menées entre 1908 et 1910 à Shomron[3] par George Andrew Reisner[4] ont mis au jour un ensemble exceptionnel d’ostraca datés du début du VIIIᵉ siècle AEC. Ces tessons inscrits témoignent d’un système économique et administratif structuré : circuits de collecte, redistribution des produits agricoles, acheminement du vin, de l’huile et d’autres denrées.
Ils éclairent l’organisation qui soutenait le culte. Des analyses récentes (2020), menées à l’Université de Tel‑Aviv montrent une bureaucratie centralisée : elles indiquent que seuls deux scribes — travaillant dans la ville même de Shomron — ont rédigé les 31 ostraca analysés.
À l’époque romaine, Hérode le Grand[5] reconstruit la ville et la renomme Sebaste. Le village moderne qui occupe aujourd’hui le site porte le nom de Sebastia, forme arabisée du nom antique.
[1] La min’ḥa était souvent apportée par les plus modestes (cf. Ramban ; Sifra). L’encens utilisé était de la levona (oliban) pure, distincte de la ketoret, mélange complexe de onze aromates. Cette offrande pouvait être apportée après le sacrifice du matin et jusqu’avant la tombée de la nuit.
[2] L’oliban est une résine extraite de l’arbre mâle de la famille des Burséracées, notamment Boswellia sacra. Cet arbre, originaire du Dhofar (Sultanat d’Oman), met environ dix ans à produire une résine de qualité.
[3] Shomron (Samarie) est la capitale du royaume d’Israël fondée par le roi Omri (1 Rois 16,24). Le nom Sébastos est la forme grecque du titre impérial romain Augustus.
[4] George Andrew Reisner (1867‑1942), archéologue américain formé à Harvard, fut l’un des pionniers de l’archéologie scientifique au Proche‑Orient. Ses fouilles à Shomron (1908‑1910) mirent au jour la première série d’ostraca samaritains, révélant l’existence d’un système administratif structuré au VIIIᵉ siècle AEC. Les ostracas sont principalement conservés au Musée archéologique d’Istanbul.
[5] Hérode Iᵉʳ le Grand (vers 73–4 AEC), fils d’Antipater, appartient à la dynastie des Hérodiens. Roi de Judée de 37 à 4 AEC, il confère au Second Temple son aspect monumental. Son histoire est connue par les écrits de Flavius Josèphe.
Les cinq types de qorbanot
– Le ‘olah (עֹלָה) est l’offrande entièrement consumée : tout “monte” vers Dieu. Elle exprime un élan total, un don sans retour.
– La min’ha (מִנְחָה), faite de farine, d’huile et d’encens, est l’offrande simple des plus modestes, un cadeau humble présenté à Dieu.
– Les chelamim (שְׁלָמִים) sont des sacrifices de paix partagés entre l’autel, les prêtres et l’offrant ; ils célèbrent l’harmonie et la gratitude.
– Le ‘hatat (חַטָּאת) répare une faute involontaire et restaure l’équilibre rompu par l’erreur.
– Le acham (אָשָׁם) concerne des fautes précises exigeant réparation ou restitution ; il affirme la responsabilité morale.








