
A’haré Mot – Qedochim
אַחֲרֵי מוֹת – קְדֹשִׁים — « Après la mort – Saints »
Lévitique 16–20 • Amos 9,7–15
A’haré Mot enseigne que le sacré exige retenue : la mort des fils d’Aharon, frappés par un feu céleste, rappelle la nécessité de limites. Qedochim montre que la sainteté se vit aussi dans les gestes quotidiens — justice, honnêteté, respect, solidarité. Le prophète Amos promet qu’Israël sera relevé et vivra sur sa terre.
Lévitique 16,2
וְאַל־יָבֹא בְכָל־עֵת אֶל־הַקֹּדֶשׁ
« Qu’il n’entre pas à tout moment dans le sanctuaire. »
Au bord de la mer Caspienne, dans la république russe du Daghestan, se trouve Derbent[1], l’une des plus anciennes villes du Caucase. Située au croisement des routes de la soie et longtemps frontière entre grands empires, elle voit passer soldats, marchands et voyageurs. Ses murailles sassanides[2] descendent de la montagne jusqu’à la mer. Les Juhuros[3] y vivent depuis plus de quinze siècles, et leur langue, le juhuri[4], porte les traces d’une histoire façonnée par les échanges.
La communauté juive de Derbent est connue pour ses artisans — orfèvres, tanneurs, marchands — et pour ses mélodies liturgiques. Au début du XXᵉ siècle, elle obtient un terrain et construit sa synagogue, appelée Kele Numaz (en juhuri : kele = maison, numaz = prière). En 2010, la synagogue est démontée pierre par pierre et reconstruite à l’identique. Le 23 juin 2024, des terroristes islamistes[5] l’incendient.
Les ruines ne sont pas toujours la fin d’une histoire[6], et les Juhuros répètent ce proverbe[7] « Là où il y a peine, il y a aussi espérance ». Un projet de reconstruction est aujourd’hui à l’étude : la porte fermée peut s’ouvrir à nouveau.
[1] Du persan dar band, « la porte fermée ».
[2] Les Sassanides : dynastie du dernier grand empire perse pré‑islamique (224–651), connue pour son architecture monumentale et ses fortifications. Les murailles de Derbent, construites au VIᵉ siècle et descendant de la montagne jusqu’à la mer, sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2003.
[3] Les Juhuros (du persan médiéval johūd, « Juif ») forment une communauté juive du Caucase oriental, installée dans les régions montagneuses du Daghestan et d’Azerbaïdjan.
[4] Le juhuri (judéo‑tat) est une langue judéo‑iranienne mêlant un lexique hébraïque et des influences caucasiennes.
[5] Depuis le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, les tensions s’intensifient dans le Caucase du Nord. Le 29 octobre 2023, plusieurs centaines d’émeutiers pro‑palestiniens prennent d’assaut l’aéroport de Makhatchkala pour lyncher les passagers israéliens du vol WZ 4728 ; plusieurs membres des forces de sécurité ainsi qu’un voyageur sont blessés.
Le 23 juin 2024, des commandos terroristes islamistes mènent des attaques coordonnées à Derbent et Makhatchkala : la synagogue Kele Numaz est ravagée par un incendie, celle de Makhatchkala sévèrement endommagée ; l’église orthodoxe de Derbent est frappée par des tirs et son prêtre est assassiné, tandis que celle de Makhatchkala essuie des rafales et un début d’incendie. Le poste de police routière de Makhatchkala subit d’importants dégâts. Le bilan officiel fait état de 17 policiers et 5 civils tués, ainsi que de plusieurs blessés.
[6] Amos 9,11 : « En ce jour, je relèverai la tente caduque de David, j’en réparerai les brèches, j’en restaurerai les ruines, je la rebâtirai comme au temps jadis. » בַּיּוֹם הַהוּא, אָקִים אֶת־סֻכַּת דָּוִיד הַנֹּפֶלֶת; וְגָדַרְתִּי אֶת־פִּרְצֵיהֶן, וַהֲרִסֹתָיו אָקִים, וּבְנִיתִיהָ כִּימֵי עוֹלָם.
[7] Proverbe juhuri attesté dans les recueils publiés en URSS dans les années 1960–1980 :
Къана гьам, къана умед — Qana gham, qana umed (« Là où il y a peine, il y a espoir »).








