
Pessa’h[1] ( פֶּסַח – passage / saut)
Les lectures de Pessa’h commencent par le récit de la sortie d’Égypte [et, en diaspora, par les passages consacrés à la sainteté du calendrier]. ‘Hol HaMoed évoque le souvenir de l’exode, les lois sociales, le renouvellement de l’alliance et le second Pessa’h. Le Chabbat de la fête met en lumière les Treize attributs de miséricorde et la vision des ossements desséchés. Le septième jour évoque l’ouverture de la mer ainsi que les cantiques de Moché et de David. [En diaspora, le huitième jour traite des lois des dîmes et de la vision messianique d’Isaïe.]
Exode 14:22
וּבְנֵי־יִשְׂרָאֵל בָּאוּ בְּתוֹךְ הַיָּם בַּיַּבָּשָׁה
Les enfants d’Israël entrèrent dans la mer à pied sec.
Dans la Haggada de Kaufmann, une enluminure montre, dans sa partie basse, Israël entrant dans la mer, tandis que Moché, son bâton à la main, guide le peuple. Dans la partie supérieure, l’artiste représente l’armée égyptienne sous les traits de chevaliers médiévaux, transposant la menace de l’Égypte pharaonique dans celle des sociétés chrétiennes environnantes.
Réalisé en Catalogne au XIVᵉ siècle, le manuscrit a probablement quitté l’Espagne après les expulsions séfarades et circula ensuite jusqu’en Europe centrale. Les couleurs retouchées, les pages usées et les dessins d’enfants témoignent de son utilisation pendant des siècles. Il fut acquis par dans les années 1880–1890 parDávid Kaufmann[2] Soucieux de préserver le patrimoine juif européen, il constitua une collection exceptionnelle[3], qu’il légua après sa mort à l’Académie hongroise des sciences. Ses enluminures comptent parmi les plus belles de l’art juif médiéval.
[1] 1er jour : Ex 12,21–51, maftir Nb 28,16–25, haftara Jos 3–6. 2ᵉ jour (diaspora) : Lv 22,26–23,44, maftir Nb 28,16–25, haftara II Rois 23. ‘Hol HaMoed : Ex 13,1–16 ; Ex 22,24–23,19 ; Ex 34,1–26 ; Nb 9,1–14. Chabbat de Pessa’h : Ex 33,12–34,26, maftir Nb 28,19–25, haftara Ez 37,1–14. 7ᵉ jour : Ex 13,17–15,26, maftir Nb 28,19–25, haftara II Sam 22,1–51. 8ᵉ jour (diaspora) : Dt 15,19–16,17, maftir Nb 28,19–25, haftara Is 10,32–12,6 (ashk.) / 11,1–12,6 (séf.).
[2] Dávid Kaufmann (1852–1899), professeur au Séminaire rabbinique de Budapest et érudit d’une exceptionnelle envergure, s’illustra comme historien, philosophe, bibliographe et pionnier des études sur l’art juif. Figure majeure de la Wissenschaft des Judentums* , il contribua à l’essor des sciences du judaïsme en Europe centrale au XIXᵉ siècle.
* Mouvement savant du XIXᵉ siècle, né en Allemagne, visant à étudier le judaïsme selon les méthodes modernes des sciences humaines (histoire, philologie, critique textuelle).
[3] La collection Kaufmann est l’une des plus importantes collections hébraïques d’Europe. Elle comprend près de 600 manuscrits, des fragments de genizah, et environ 2 000 imprimés anciens, dont plusieurs incunables. Elle est particulièrement renommée pour ses manuscrits enluminés, parmi lesquels cette Haggada occupe une place centrale. Cette collection demeure une référence majeure pour l’étude de l’art juif médiéval.








