Calendrier de Gezer

Xe siècle AEC

Vayaqhel Peqoudei Chabbat Ha’Hodech
ויקהל–פקודי – שבת החודש
Et il rassembla / Inventaire - Chabbat Du Mois
Exode 35,1–40,38 — Ha’Hodech : Exode 12,1–20 — Ézéchiel 45,16–46,18

Les péricopes Vayaqhel–Pekoudei relatent l’achèvement du Michkan, édifié sous la direction de Betsalel et d’Oholiav. Associé à ces lectures, celle de Chabbat Ha’Hodech introduit le mois de Nissan. La haftara correspondante décrit les prescriptions relatives au Temple futur.

Exode 12,2
הַחֹדֶשׁ הַזֶּה לָכֶם רֹאשׁ חֳדָשִׁים
Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois. 

Découvert en 1908 sur le site de Tel Gezer, entre Jérusalem et la plaine côtière, le Calendrier de Gezer est une petite tablette de calcaire gravée en alphabet proto‑canaanéen ou paléo‑hébreu, mise au jour par R. A. S. Macalister [1]. Il est traditionnellement daté du Xe siècle AEC et l’un des plus anciens témoignages d’écriture hébraïque[2]. L’original est conservé au Musée archéologique d’Istanbul, une copie est exposée au Musée d’Israël à Jérusalem.

Le calendrier hébraïque repose sur un système lunisolaire. L’année comporte douze mois, auxquels s’ajoute un treizième mois lors des années embolismiques (sept années sur un cycle solaire de dix-neuf ans). Les mois suivent le cycle lunaire et comptent 29 ou 30 jours[3]. Le mois de Nissan (mars/avril) marque le début de l’année religieuse. Le mois de Tichri (septembre/octobre) est le premier mois de l’année civile. Depuis le IVᵉ siècle, le calendrier repose sur un calcul fixe attribué à Hillel II[4], mettant fin à la proclamation mensuelle fondée sur l’observation du croissant lunaire.

[1] Robert Alexander Stewart Macalister (1870-1950), archéologue irlandais, dirigea de 1902 à 1909 les fouilles à Gezer, l’une des premières fouilles archéologiques scientifiques à grande échelle.
[2] L’alphabet paléo‑hébreu constitue une évolution locale du proto‑canaanéen, utilisé dans les royaumes d’Israël et de Juda jusqu’à l’exil babylonien. À partir du VIᵉ siècle AEC, il est progressivement remplacé par l’écriture carrée (araméenne impériale), qui deviendra l’alphabet hébraïque standard dans la tradition rabbinique.
[3] Pour les mois de trente jours, Roch ‘Hodech s’étend sur deux jours. Le cycle lunaire moyen est évalué à 765 433 halakim (29 jours, soit 751 680 halakim ; 12 heures, soit 12 960 halakim ; et 44 minutes et 3⅓ secondes, soit 793 halakim).
[4] Hillel II (vers 320–385 EC), dernier Nassi d’un Sanhédrin encore fonctionnel, institua un calendrier calculé afin d’assurer l’unité des dates des fêtes dans la diaspora juive. Cette réforme mit fin à la proclamation mensuelle basée sur l’observation du croissant lunaire.