
Bo (בא – Va)
Exode 10:1–13:16 • Jérémie 46:13–28
Les dernières plaies frappent l’Égypte et Israël se prépare à la délivrance.
Jérémie annonce le jugement des nations orgueilleuses et affirme la promesse de restauration pour Israël.
Exode 10 :1-2
וַיֹּאמֶר ה’ אֶל-מֹשֶׁה, בֹּא אֶל-פַּרְעֹה …
L’Éternel dit à Moïse : « Rends-toi chez Pharaon… »
וּלְמַעַן תְּסַפֵּר בְּאָזְנֵי בִנְךָ וּבֶן-בִּנְךָ …
« … afin que tu racontes à ton fils et à ton petit-fils… »
La communauté juive (Tiāo jīn jiào, « ceux qui enlèvent le nerf ») de Kāifēng (Kāi-Fēng, « ouvrir – sceller », évoquant l’idée de porte ou de passage) a laissé des manuscrits d’une valeur exceptionnelle. Parmi ces trésors figure une copie du XVIIᵉ siècle de la paracha Bo (1) 🔗, conservée au Museum of the Bible de Washington. D’autres objets et documents sont répartis dans plusieurs musées internationaux, notamment à la Bridwell Library (5) 🔗 de Dallas.
Attestée[1] sous la dynastie Song (960–1279), période de grande prospérité économique et culturelle, la communauté juive de Kāifēng — alors capitale de l’empire — se développa. Elle bénéficia ensuite de la protection des souverains mongols des Yuan (1271–1368), connus pour leur tolérance religieuse et l’accueil des populations étrangères. Sous les Ming (1368–1644), époque de stabilité politique et d’essor artistique et commercial, elle connut son âge d’or. Elle entra finalement en déclin sous les Qing (1644–1911), dernière dynastie impériale, dont la centralisation accrue et la méfiance envers les influences étrangères contribuèrent à l’affaiblir.
Au XIXᵉ siècle, la rébellion des Taiping[2] dévasta la région. La synagogue fut détruite — emplacement (1) et maquette au Musée de la Diaspora (4) à Tel Aviv — et le dernier rabbin mourut, entraînant la disparition d’une vie communautaire organisée.
Sept clans[3], dont les noms sont inscrits sur des stèles (2) de la synagogue, continuent aujourd’hui de revendiquer leur ascendance juive et de perpétuer la mémoire de cette communauté singulière.
[1] La présence juive à Kāifēng n’est attestée par des sources directes qu’à partir de la dynastie Song, notamment grâce aux stèles (2) de la synagogue. Certains historiens envisagent toutefois une arrivée plus ancienne, en raison du rôle de Kaifeng comme carrefour commercial dès la dynastie Tang (618–907) et de la possibilité que des Radhanites — marchands juifs actifs sur les routes de la soie — aient atteint la Chine avant cette période. Des traditions orales de la communauté situent leur origine à l’époque du Premier Temple (586 AEC).
[2] Rébellion des Taiping (1850–1864) : l’une des plus meurtrières de l’histoire, avec environ 30 millions de morts. Dirigé par Hong Xiuquan, le mouvement Tàipíng Tiānguó (Royaume céleste de la Grande Paix) prônait l’établissement d’un royaume messianique. La rébellion déstabilisa profondément la dynastie Qing et ravagea de vastes régions du centre de la Chine, dont Kaifeng, contribuant à la disparition des dernières structures communautaires juives.
[3] Les sept clans juifs de Kaifeng : Ai (艾), Shi (石), Gao (高), Jin (金), Li (李), Zhao (趙) et Zhou (周).