Aden, Yémen

Béchala’h (בשלח – lorsqu’il laissa partir)
Exode 13:17–17:16 – Juges 4:4–5:31

La sortie d’Égypte ouvre le chemin de la liberté. Le récit évoque l’ouverture de la mer des Joncs, la déroute de l’armée de Pharaon, les chants de gratitude de Moché et de Myriam, la manne donnée chaque jour, l’eau jaillissant du rocher et la victoire contre Amalek.
La haftara raconte elle aussi une délivrance. Les chars de Sisera sont renversés par l’intervention divine, permettant à Déborah et à Barak de remporter la bataille, tandis que Yaël, par son geste décisif, met fin à la menace. Le récit s’achève par le chant de triomphe de Déborah.

Exode 15:20
וַתִּקַּח מִרְיָם הַנְּבִיאָה אֲחוֹת אַהֲרֹן אֶת־הַתֹּף בְּיָדָהּ
Myriam, la prophétesse, sœur d’Aaron, prit le tambourin dans sa main.

Comme Myriam et les femmes d’Israël qui célébrèrent la délivrance en musique, les Juifs du Yémen ont porté leurs chants et leurs instruments jusqu’aux rives de l’exil, témoignant que la marche vers la liberté s’accompagne toujours d’une mélodie. Leur tradition musicale, transmise de génération en génération, ne se limitait pas au tambourin [1] évoqué dans le Chant de Myriam : elle s’exprimait à travers un ensemble d’instruments emblématiques — qanbûs , ‘oûd [3], sahn nuḥās [4], darbouka [5], manqûsh / naqûsh [6], mijwiz [7], ney [8] et timbal / mirwās [9].

Exode des Juifs yéménites — À la suite des émeutes d’Aden des 2–4 décembre 1947, qui entraînèrent la destruction du quartier juif et firent environ quatre‑vingt‑dix victimes, Aden devint le principal point de rassemblement des Juifs du Yémen avant leur alya. L’exode s’organisa depuis le camp de transit de Hashid (ou Camp Hashed), près d’Aden, d’où fut coordonnée l’évacuation de la communauté lors de l’opération Tapis Volant (Operation Magic Carpet, 1949–1950), au cours de laquelle quelque 49 000 Juifs yéménites furent transportés par avion vers Israël. Aujourd’hui, le cimetière juif de Sheikh Othman demeure l’un des derniers témoins matériels de cette présence dans la région.

[1] Tambourin : petit tambour sur cadre orné de cymbalettes. 
[2] Qanboûs : petit luth à caisse en bois, instrument embléma]tique du Yémen et privilégié par les maîtres du chant de Sanaa et d’Aden. 
[3]Oûd : luth à cordes pincées, au corps arrondi et au manche court. 
[4] Sahn nouḥās : grand plateau de cuivre frappé comme percussion, particulièrement utilisé dans les mariages, notamment par les femmes. 
[5] Darbouka : percussion en forme de gobelet, omniprésente dans les célébrations. 
[6] Manqûsh / naqûsh : petite percussion en métal ou en bois utilisée pour rythmer les chants féminins. 
[7] Mijwiz : double flûte au son continu, surtout répandue au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Israël, avec des variantes locales au Yémen. 
[8] Ney : flûte en roseau. 
[9] Timbal / mirwās : petit tambour à deux peaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *