Nabugoye, Ouganda

Tazria–Metzora & Roch ‘Hodech
רֹאשׁ חֹדֶשׁ – תזריע–מצורע

Elle enfante / personne atteinte de tsaraat (genre de lèpre)& renouveau du mois
Lévitique 12–15, Nombres 28,1–15, Isaïe 6,1–24

Tazria traite des lois de pureté, de l’isolement, de l’examen par le prêtre, de l’immersion et de la réintégration. La haftara évoque Roch ‘Hodech, la consolation et le renouveau. 

Lévitique 14,9
וְרָחַץ בַּמַּיִם וְטָהֵר
Il se baignera dans l’eau et deviendra pur.

En pleine nature, au cœur des collines de l’est de l’Ouganda, une source d’eau vive alimentée par les pluies et les nappes souterraines sert de mikvé aux Abayudaya[1], une communauté juive fondée au début du XXᵉ siècle par Semei Kakungulu[2], un chef local qui adopta le judaïsme et l’introduisit au sein de son entourage.

La communauté compte aujourd’hui près de 3 000 personnes, réparties dans cinq villages, dont la majorité vit à Nabugoye, où se trouve la synagogue principale[3]. Construite au début du XXIᵉ siècle grâce au soutien de donateurs juifs américains, elle peut accueillir environ 200 fidèles. Elle est dirigée par le rabbin Gershom Sizomu[4] et abrite plusieurs sifré Torah[5] offerts par des communautés juives des États‑Unis et d’Israël.

Le judaïsme n’ayant pas de statut officiel en Ouganda, la tranquillité de la communauté dépend encore largement du contexte politique[6] et, dans une moindre mesure, des relations internationales[7], notamment entre l’Ouganda et Israël.

[1] Le terme Abayudaya signifie « Peuple de Juda » en luganda.
[2] Semei Kakungulu (1869–1928), issu du peuple Baganda — le groupe ethnique le plus important d’Ouganda — était un chef militaire et politique. Après avoir rompu avec les missionnaires chrétiens, il adopta une lecture littérale de la Bible hébraïque et, en 1919, rassembla autour de lui un groupe de disciples qui deviendra la communauté des Abayudaya.
[3] Outre la Moses Synagogue de Nabugoye, la communauté Abayudaya est répartie dans plusieurs villages de la région de Mbale, chacun disposant de son propre lieu de prière. Les Abayudaya constituent un cas unique en Afrique, aucun autre ensemble de villages juifs ruraux organisés de manière comparable n’étant attesté sur le continent.
[4] Gershom Sizomu (né en 1972) est le rabbin en chef des Abayudaya, grand rabbin d’Ouganda et également député. Il est le premier rabbin africain formé dans un établissement rabbinique américain, la Ziegler School of Rabbinic Studies de Los Angeles.
[5] Parmi ces sifré Torah, l’un a été donné par la Congregation sepharade Shearith Israel, la plus ancienne des États‑Unis, fondée en 1654 à New Amsterdam (New York). C’est la seule congrégation juive de New York jusqu’en 1825.
[6] Contexte politique : Sous la dictature d’Idi Amin Dada (1971–1979), le judaïsme fut interdit en Ouganda. Les synagogues furent détruites, les pratiques religieuses réprimées et la communauté Abayudaya passa de plusieurs milliers de membres à quelques centaines. Depuis les années 1980, la communauté s’est progressivement reconstruite.
[7] Relations internationales : Selon la presse ougandaise publiée en avril 2026, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni et commandant de l’armée ougandaise depuis 2024, a déclaré être prêt à mobiliser « 100 000 hommes » pour soutenir Israël.