Tel Susya, Israël

Chelakh Lekha [1] (שְׁלַח לְךָ – « envoie pour toi »)
Nombres 13,1–15,41 • Yehochoua 2,1–24

Douze explorateurs sont envoyés reconnaître la Terre d’Israël. Caleb et Yehochoua ne doutent pas de la promesse divine, mais le rapport des dix autres fait perdre courage au peuple. Le livre de Yehochoua relate à son tour l’envoi de deux espions à Jéricho.

Nombres 13,23
וַיָּבֹאוּ עַד־נַחַל אֶשְׁכּוֹל וַיִּכְרְתוּ מִשָּׁם זְמוֹרָה וְאֶשְׁכּוֹל עֲנָבִים אֶחָד
« Ils arrivèrent jusqu’à la vallée d’Eshkol [2] et y coupèrent une branche de vigne portant une seule grappe de raisin. »

Mentionnée dans le récit biblique, cette vallée se situe dans la région d’Hébron, au sud des collines de Judée. L’importance de la vigne dans cette zone est attestée depuis l’Antiquité, notamment à Susya. Les fouilles [3] y ont mis au jour un grand pressoir taillé dans la roche, daté du Vᵉ ou VIᵉ siècle, ainsi que plusieurs installations agricoles. À proximité du pressoir, les vestiges de la synagogue byzantine, édifiée au IVᵉ siècle et utilisée jusqu’au VIIIᵉ, témoignent de la vitalité de la communauté juive qui occupait le site durant cette période. L’édifice, orienté vers Jérusalem, conserve encore son sol en mosaïque et plusieurs inscriptions hébraïques. L’ensemble illustre la prospérité d’un village où la production de vin occupait une place centrale dans la vie économique et religieuse. Aujourd’hui encore, la viticulture y demeure vivace, portée par des vins réputés tels que le Cabernet Sauvignon de Hebron Heights.


[1] En diaspora, la paracha lue cette semaine est Beha’alotekha.
[2] Eshkol (אֶשְׁכּוֹל) est un terme hébraïque qui désigne une grappe de raisin. Le mot provient d’une racine exprimant l’idée d’un amas ou d’un groupement serré, en référence à la structure même de la grappe. Dans le Tanakh, il devient un signe de fertilité et de richesse de la Terre d’Israël, et un symbole d’abondance associé à la bénédiction divine.
[3] Fouilles conduites par Ze’ev Yeivin, Amnon Negev et Yitzhak Magen, archéologues rattachés aux institutions israéliennes de gestion du patrimoine (notamment l’Autorité des Antiquités d’Israël et l’Administration civile de Judée‑Samarie), spécialistes de l’archéologie de la période byzantine en Judée et des villages juifs de cette époque.

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