Synagogue de Trenčín, Slovaquie

1913/2025

Balaq [1] (בָּלָק)
Nombres XXII, 2 – XXV, 9  •  Michée V, 6 – VI, 8

Balaq, roi de Moab, engage Bilaam, un devin originaire de Pethor [2], pour maudire Israël. Il tente trois fois — et trois fois Bilaam bénit. Le prophète Michée rappelle que Dieu n’exige pas de rites extérieurs ni de sacrifices excessifs, mais une conduite morale.

Nombres XXIV, 5
מַה־טּוֹבוּ אֹהָלֶיךָ יַעֲקֹב; מִשְׁכְּנֹתֶיךָ יִשְׂרָאֵל.
« Que tes tentes sont belles, Jacob — tes demeures, Israël. »

La Grande Synagogue de Trenčín est redevenue belle.
Construite en 1913 par l’architecte Richard Scheibner[3] dans le style Byzantino–Art Nouveau[4], rare dans la région, elle se distingue par une grande coupole centrale dont la forme évoque une yourte mongole.

Durant la période de l’État slovaque [5], allié du Reich lors de la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive fut déportée et la synagogue dépouillée de son mobilier. À l’époque communiste en Tchécoslovaquie, elle servit d’entrepôt de vêtements, puis fut badigeonnée de blanc pour être transformée en centre culturel.

La synagogue a été solennellement réinaugurée en novembre 2025, au terme de travaux de restauration [6] qui lui ont rendu ses couleurs d’origine. Outre le service synagogal, elle accueille des expositions — dont une permanente sur l’histoire des Juifs de la ville — des concerts et des conférences. En 2026, Trenčín est capitale européenne de la culture, et la synagogue figure parmi les sites majeurs du programme.


[1] En diaspora, on lit cette semaine les parachiot Houqat–Balaq.
[2] Selon l’identification traditionnelle (Targoum, Rachi, Ibn Ezra), Pethor se trouve dans la vallée de l’Euphrate supérieur, en Mésopotamie du Nord — région correspondant aujourd’hui au nord de l’Irak, au nord‑est de la Syrie et au sud‑est de la Turquie.
[3] Richard Scheibner (1880–1945), architecte berlinois né à Piešťany, en Slovaquie, conçut la synagogue de Trenčín en 1912–1913, l’un des très rares édifices religieux de son œuvre. La réalisation fut menée en collaboration avec l’architecte slovaque Hugo Pál (1870–1932) et la firme locale Fuchs & Niegreisz.
[4] Le style Byzantino–Art nouveau, rare en Europe centrale, associe des éléments néo‑byzantins (coupoles, arcatures, rythmes orientaux) aux lignes souples et aux motifs floraux de l’Art nouveau.
[5] De 1939 à 1945, l’État slovaque fut un état satellite du Reich, présidé par Jozef Tiso (1887–1947), prêtre catholique et chef du Parti populaire slovaque de Hlinka. Son régime promulgua des lois antisémites, organisa la spoliation des biens et participa aux déportations des Juifs slovaques. Tiso fut condamné en 1947 pour collaboration et crimes contre l’humanité, et pendu.
[6] Les travaux de restauration (2021–2025) ont été financés par les EEA/Norway Grants, l’État slovaque et la communauté juive de Trenčín. Ils ont été menés par le cabinet ARCHITEKTI B.K.P.Š de Bratislava, sous la direction de Martin Kosi et Pavol Paniak. La synagogue fait partie de la Slovak Jewish Heritage Route, gérée par la Fondation ZNZ pour la préservation du patrimoine juif en Slovaquie, qui regroupe actuellement 32 sites à travers le pays, dont plusieurs synagogues et quatre cimetières.




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