Centre médical Sheba, Ramat Gan

Vayera (וירא –  Et Il apparut)
Béréchit 18,1–22,24 ; Melakhim II 4,1-37 (Séfarades : 4,1-23)

Avraham se remet de sa circoncision quand D.ieu vient le visiter [1]. Trois hommes se présentent à lui et annoncent que dans un an, Sarah, âgée de 90 ans, aura un fils. D.ieu avait fermé tout ventre de la maison d’Avimélekh[2] ; Avraham prie pour elle, et D.ieu l’exauce. Hagar est renvoyée à la demande de Sarah. Errant dans le désert, elle s’éloigne de son fils Ichmaël pour ne pas le voir mourir de soif, mais D.ieu lui ouvre les yeux, et elle aperçoit un puits. Dans la haftara, Élicha annonce à une femme stérile de Chounem qu’elle étreindra un fils.

Béréchit 20,17
וַיִּתְפַּלֵּל אַבְרָהָם אֶל־הָאֱלֹהִים וַיִּרְפָּא אֱלֹהִים אֶת־אֲבִימֶלֶךְ וְאֶת־אִשְׁתּוֹ וְאַמְהֹתָיו וַיֵּלֵדוּ
« Avraham pria D.ieu, et D.ieu guérit Avimélekh, sa femme et ses servantes, et ils enfantèrent. »

Vayera est traversée de ventres qui se ferment et s’ouvrent. Sarah enfante Yitz’hak, la maison d’Avimélekh retrouve la vie, et la Chounamite étreint son fils. Au milieu de ces naissances apparaît la guérison : un homme prie pour un autre [3].

Sur la colline Tel HaChomer [4], qui doit son nom à l’organisation de gardiens juifs fondée en 1909 en Galilée, précurseur de la Haganah, se dresse le Centre médical Sheba [5]. En 1948, le service de santé de Tsahal, alors dirigé par ‘Haïm Sheba, reprend l’hôpital du camp que l’armée britannique vient d’abandonner, pour y soigner les blessés de la guerre d’Indépendance.

Aujourd’hui, médecins et chercheurs y veillent jour et nuit pour reconstruire des organes [6], combattre la stérilité [7] et apporter la guérison.

Ces travaux, portés par son centre d’innovation ARC, ont valu à Sheba d’être, en octobre 2026, classé 6ᵉ hôpital « intelligent » du monde par Newsweek et Statista[8]. C’est le seul établissement israélien du top 10.

[1] Bikour ‘holim, la visite aux malades. Selon Rachi (18,1, d’après Bava Metsia 86b), c’était le troisième jour après la circoncision, le plus douloureux, et D.ieu vint prendre des nouvelles d’Avraham. Rabbi ‘Hama bar ‘Hanina en tire la règle : « Le Saint, béni soit-Il, a visité les malades, comme il est écrit : « Hachem lui apparut aux chênes de Mamré ». Toi aussi, visite les malades » (Sota 14a). Le Tour (Yoré Dé’a 335) fonde sur ce verset la mitsva de bikour ‘holim.

[2] Le verset (Béréchit 20,18) redouble le verbe : עָצֹר עָצַר, « fermer, il ferma ». Selon Rabbi Elazar (Bava Kama 92a), l’homme subit une seule fermeture, la femme deux : concevoir et enfanter. Même les poules de la maison cessèrent de pondre. Rachi va plus loin : la fermeture touchait כְּנֶגֶד כָּל פֶּתַח, chaque ouverture du corps, et וַיֵּלֵדוּ est au masculin pluriel, « ils enfantèrent », et non « elles » : selon le Targoum, il signifie ici « ils furent soulagés », car leurs orifices se rouvrirent. La guérison concerne donc Avimélekh lui-même. Le même passage du Talmud en tire une règle : qui prie pour un autre alors qu’il a le même besoin est exaucé le premier. Et aussitôt après : « Et Hachem se souvint de Sarah » (21,1). Selon Yevamot 64b, Sarah n’avait pas même de matrice (אֲפִילּוּ בֵּית וָלָד אֵין לָהּ) : sa grossesse est une création plus qu’une guérison.

[3] La 8ᵉ bénédiction de la Amida, Refa’énou, reprend au pluriel Yirmeyahou 17,14 : רְפָאֵנִי ה’ וְאֵרָפֵא, « Guéris-moi, Hachem, et je serai guéri ». Pourquoi la guérison est-elle la 8ᵉ bénédiction ? Rabbi A’ha répond : מתוך שניתנה מילה בשמינית שצריכה רפואה, לפיכך קבעוה בשמינית, « parce que la circoncision a été donnée pour le huitième jour, et qu’elle demande une guérison, on a placé la guérison dans la huitième » (Méguila 17b). Or Vayera s’ouvre sur Avraham qui se remet de sa circoncision. Selon Rachi (18,2, d’après Bava Metsia 86b), l’un des trois visiteurs, l’ange Rafaël, « D.ieu guérit », venait pour le guérir.

[4] Le nom de la colline rappelle les gardiens juifs de 1909, mais le mot vient de plus loin. Le psalmiste promet : « Il ne sommeille ni ne dort, le Gardien d’Israël » (Tehillim 121,4).

[5] ‘Haïm Sheba, né Scheiber en 1908 à Frasin, en Bucovine, commanda le service de santé de Tsahal de 1948 à 1950. Il dirigea l’hôpital de 1953 à sa mort en 1971, après quoi l’hôpital prit son nom.

[6] En 2025, l’équipe du Pr Benjamin Dekel a cultivé des reins miniatures à partir de cellules souches. Ils ont vécu 34 semaines, en reproduisant pas à pas la croissance du rein dans le ventre maternel (B. Dekel et al., The EMBO Journal, 2025 ; Times of Israel, 5 août 2025).

[7] En 2008, Ayelet Rozenberg, 21 ans, apprend qu’elle a un lymphome. Avant la chimiothérapie, qui menace sa fertilité, l’équipe du Pr Dror Meirow prélève et congèle une partie de son tissu ovarien, puis le lui réimplante une fois guérie. Elle a depuis donné naissance à quatre fils, une première mondiale (Sheba Medical Center, « Ayelet’s Miracle » ; JNS, « Four little miracles », 3 janvier 2023).

[8] Newsweek/Statista, World’s Best Smart Hospitals 2027. Sheba était 9ᵉ dans l’édition 2026. ARC (Accelerate, Redesign, Collaborate), lancé en novembre 2019, réunit sur le campus médecins, chercheurs et start-up.

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